Crash meurtrier à Goma

le 15 avril 2008 à 16h33 , mis à jour le 15 avril 2008 à 23h22

L'appareil s'est écrasé au décollage. Il y aurait au moins 21 morts, selon le président de la compagnie.

LCI-TF1, débrit d'un aviondébrit d'un avion © LCI

Un avion de la compagnie Hewa Bora s'est écrasé mardi en décollant de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo. "Il y a 21 morts confirmés, dont les corps ont été retrouvés et amenés à la morgue de Goma. Mais on ne peut à l'heure actuelle confirmer aucun décès parmi les passagers", a déclaré Stavros Papaioannou, le président de la compagnie, qui précise que les victimes avaient été "fauchées" au sol au moment du crash. L'avion, un DC9 qui effectuait la liaison Goma-Kinshasa, s'est écrasé après 14h30, heure locale, peu après son décollage de la capitale du Nord-Kivu. De nombreux passagers sont restés piégés dans l'appareil en flammes après qu'il se fut écrasé en bout de piste, dans le quartier populaire et commerçant de Birere, emportant tout sur son passage avant de s'immobiliser dans des maisons et de s'embraser.

Selon le gouverneur du Nord-Kivu, "il y avait 79 passagers et six membres d'équipage", soit un total de 85 personnes à bord. Selon la Mission de l'ONU en RDC, "il y a sept survivants", dont trois membres d'équipage et quatre passagers. Les différents hôpitaux de Goma ont pris en charge environ 70 blessés, dont la quasi-totalité sont des habitants ou des commerçants du quartier de Birere. Selon le témoignage d'un rescapé rapporté par la radio Okapi, "un pneu a éclaté" pendant le décollage. A l'hôpital général de Goma, un autre rescapé a expliqué que l'avion, en pleine vitesse, avait "continué sa course dans Birere". "Il y a eu du feu, venu de l'aile gauche. C'était la panique dans l'avion. J'ai couru vers l'avant. Des membres de l'équipage ont ouvert une porte, j'ai sauté. Je suis tombé au sol et j'ai vu l'avion continuer à avancer, puis s'emflammer", a raconté un autre passager.

Les ailes de l'avion arrachées

En milieu d'après-midi, en dépit des efforts des pompiers de la Mission de l'ONU en RDC, il ne restait presque rien de l'avion, dont seule la tête était encore reconnaissable. Les ailes ont été arrachées dans l'accident, le ventre et la queue totalement détruits par les frottements lors du freinage et de l'incendie. "On ne saura peut-être jamais combien il y avait de personnes à bord, ni combien il y a eu de victimes au sol. On essaie de vérifier les listes de bord, qui sont différentes à la RVA, à la DGM (Direction des migrations) et à Hewa Bora, c'est un casse-tête", a déclaré un diplomate occidental à Kinshasa.

Plusieurs étrangers étaient à bord de cet avion. A Paris, le ministère des Affaires étrangères a précisé qu'il n'y avait appparement pas de Français à bord. Ce drame survient moins de six mois après un terrible accident d'avion à Kinshasa, où un Antonov 26 d'une compagnie privée congolaise s'était écrasé le 4 octobre dans un quartier populaire de la capitale, faisant au moins 50 morts. Le ministre des Transports avait alors été limogé pour "incompétence", mais aucune mesure concrète n'a été prise pour une réforme en profondeur du secteur aéronautique en RDC, dont la flotte est essentiellement composée de vieux avions de fabrication soviétique à l'origine de dizaines d'accidents meurtriers ces dernières années. Toutes les compagnies aériennes congolaises - une cinquantaine identifiées - figurent sur la liste noire de l'Union européenne, qui leur a interdit son espace aérien. 

D'après agences

le 15 avril 2008 à 16:33
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