Le président Mugabe © DRAu Zimbabwe, parallèlement aux incertitudes sur l'issue du scutin (lire notre article), la police zimbabwéenne a cerné jeudi soir un hôtel de Harare où sont hébergés de nombreux journalistes étrangers et a annoncé un peu plus tard l'arrestation de deux reporters dans cet établissement. "Je peux seulement confirmer que nous avons arrêté deux journalistes au York Lodge", a indiqué un porte-parole de la police nationale. "Ils font l'objet d'une enquête pour exercice (de leur métier) sans accréditation. Ils ont été interpellés tôt dans la soirée et placés en détention", a-t-il ajouté, sans donner de détails sur leur identité, tandis que le New York Times indiquait a indiqué que son correspondant, Barry Bearak, figure parmi les journalistes arrêtés.
"Nous ne savons pas où il est retenu ou si des charges ont été retenues contre lui, et si oui lesquelles", a dit le directeur de la publication du quotidien new-yorkais. "Nous faisons tout ce qui est possible pour déterminer son statut, s'assurer qu'il est en sécurité et bien traité et permettre sa libération rapide", a-t-il ajouté.
Ni télévision ni radio privées au Zimbabwe
Le gouvernement du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans, a refusé de délivrer des accréditations à la plupart des journalistes étrangers pour les élections générales de samedi. Il avait averti la semaine dernière qu'il se montrerait sévère envers ceux qui contourneraient cette interdiction et opèreraient illégalement. Le ministre de l'Information avait affirmé deux jours avant le scrutin que certains médias avaient installé "des équipements sophistiqués de diffusion, du matériel télématique et d'autres dispositifs d'espionnage par internet dans notre pays". "Le gouvernement n'accueillera pas aimablement cette propagande impérialiste", avait-il lancé. Deux Sud-Africains, accusés de participer illégalement à la couverture médiatique des élections, avait été arrêtés le même jour.
Il n'y a ni télévision ni radio privées au Zimbabwe, où le seul quotidien national est contrôlé par l'Etat. Quelque 5,9 millions d'électeurs zimbabwéens étaient appelés aux urnes le 29 mars pour désigner leur président, députés, sénateurs et conseillers municipaux. Si le parti au pouvoir a perdu sa majorité à la chambre des députés, aucune indication n'a encore été donnée sur la présidentielle.
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