Les pirates à bord du navire français pris d'assaut © Ministère de la DéfenseCe sont les premières images des pirates. Le ministère de la Défense a diffusé dans la nuit des clichés des preneurs d'otages, sur le navire français au large de la Somalie. Côté négociation, c'est toujours le statu quo. La France espère obtenir la libération "sans violence" des 30 membres d'équipage du bateau de croisière Le Ponant abordé vendredi par des pirates dans le golfe d'Aden, a déclaré samedi le Premier ministre François Fillon. Parmi les 30 personnes retenues figurent 22 Français, dont six femmes, a précisé de son côté le ministre de la Défense Hervé Morin. Les autres membres d'équipage viennent principalement d'Ukraine et de Corée. Le Ponant est suivi et observé en permanence par un navire de la marine nationale, l'aviso Commandant Bouan.
De plus, un "certain nombre de frégates" qui se trouvent aussi dans la zone rejoignent le point où se situe le bateau, a déclaré Hervé Morin. Il a souligné qu'aucune décision d'intervention n'avait été prise pour le moment. "C'est en fonction de l'évolution de la situation que le Premier ministre et le président de la République prendront leur décision", a-t-il dit. "Nous avons pris toutes les mesures nous permettant de pouvoir envisager toutes les solutions". Hervé Morin a indiqué que la France n'avait "pour le moment aucun contact" avec les pirates et ignorait leurs intentions. Mais il a rappelé que dans cette zone "infestée de pirates" - plus d'une quarantaine d'actes de piraterie rien qu'en 2007 - ces derniers avaient pour habitude de rejoindre la terre et ensuite d'engager des négociations, en demandant le plus souvent des rançons.
Actes de pirateries en hausse
La France a déclenché vendredi un plan militaire d'urgence, le plan "pirate mer", après l'abordage du trois-mâts de luxe français, qui revenait des Seychelles et faisait route vers la Méditerranée avec son seul équipage. Le plan "pirate mer" prévoit la mobilisation de tous les moyens et une demande d'aide aux alliés dans la région. Les pirates se dirigent actuellement en direction du sud vers une zone côtière de l'est de la Somalie. "Ce sont des pirates bien armés de la région (semi-autonome) du Puntland et donc ils ne peuvent aller beaucoup plus loin que Garaad. Ils vont à présent rester entre ici et Garaad", a expliqué un responsable de l'administration de Eyl, localité située au nord de Garaad, qui se situe à l'extrême sud de la région du Puntland.
Les actes de piraterie, motivés par des buts crapuleux et non politiques, sont fréquents au large de la Somalie depuis le renversement du dictateur militaire Mohammed Siad Barre en 1991. Mais les pirates ont intensifié leurs raids ces dernières années en raison de l'instabilité politique en Somalie, où un gouvernement intérimaire est en lutte permanente avec des insurgés. Le 10 juillet 2007, les directeurs de deux agences des Nations Unies, le Programme alimentaire mondial et l'Organisation maritime internationale (OMI) avaient lancé un appel commun demandant une "action internationale concertée et coordonnée afin de résoudre le problème de piraterie au large de la Somalie".
D'après agence
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