Les ex-otages du Ponant font route vers Djibouti avant d'être rapatriés en France, le 12 avril 2008 © TF1-LCI |
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Libérés vendredi, sains et saufs, les 30 ex-otages du Ponant, dont 7 femmes, sont désormais en sécurité à bord d'un navire de la marine nationale, le Jeanne d'Arc, sur lequel ils ont subi des examens médicaux. Ils se "portent de façon tout à fait satisfaisante", n'ayant "subi aucune violence
", a affirmé le médecin major du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc (sur Europe 1). Ils étaient seulement "fatigués" après leur libération vendredi et "avaient besoin d'être rassurés", ayant vécu des moments de "peur" et "d'émotion". "La première chose qu'ils ont demandée, c'était des vêtements parce que les leurs étaient sales, certains n'avaient pas de chaussures", a-t-il raconté. Après s'être lavés et restaurés, "ils ont tous pu appeler leurs familles hier soir en France, aux Philippines ou en Ukraine", a ajouté le médecin.
Ils font route vers la base française de Djibouti depuis laquelle un Airbus les rapatriera aussitôt vers la France. Ils sont attendus lundi soir à Paris, a annoncé samedi midi le ministre de la Défense Hervé Morin. "28 devraient rentrer en France, deux membres de l'équipage ayant demandé à retourner à bord du Ponant" qui a repris la mer avec des marins de la Marine nationale et un nouveau capitaine, a précisé Hervé Morin. Pour les non-Français, "nous regardons avec les consulats mais il est prévu qu'ils rentrent en France", a-t-il ajouté. Outre les 22 Français, 6 Philippins, une Ukrainienne et un Camerounais étaient également otages sur le Ponant.
Les pirates jugés en France ?
Un peu plus tôt, le ministre était revenu, sur RTL, sur l'opération française en Somalie. Opération qui a abouti à la capture que six pirates. Il a souligné que la France n'avait pas voulu se laisser "racketter" sans réagir (écouter le sonore). "C'est la première fois qu'un pays décide de ne pas seulement se faire racketter, mais aussi de prendre les choses en mains", a-t-il dit, alors que l'Etat major avait indiqué dès vendredi qu'"aucun argent public n'avait été versé" pour cette libération. Laissant d'ailleurs entendre qu'une rançon avait été payée par l'a
rmateur du Ponant, peut-être 2 millions de dollars, dont une partie a été récupérée par les forces spéciales lors de la capture des pirates (lire notre article). Ceux-ci sont également en cours de transfert vers Djibouti.
"Le président de la République avait donné comme consigne de faire en sorte que, sans qu'il puisse y avoir de dégâts collatéraux, nous essayions d'appréhender des preneurs d'otages pour qu'ils puissent être livrés à la justice", a-t-il poursuivi. La Chancellerie a d'ailleurs indiqué à la mi-journée que les ministères des Affaires étrangères et de la Justice "travaillaient ensemble" pour que les pirates, "soient jugés en France". Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, avait annoncé, dès la libération des otages, que les six pirates capturés étaient "à bord du Jeanne d'Arc" et qu'ils seraient "remis à la justice française".
Mais il y a un problème juridique. Si le déroulement géographique de la prise d'otages a eu lieu dans le golfe d'Aden, dans les eaux internationales, son dénouement s'est en revanche déroulé à environ 2 kilomètres des côtes somaliennes pour la libération (dans les eaux territoriales somaliennes cette fois) puis à terre où les pirates ont été interpellés. D'où le travail interministériel pour trouver une solution. Selon Hervé Morin, "il semblerait qu'il n'y ait pas d'obstacle juridique, d'autant plus que nous avions l'accord des autorités somaliennes pour mener cette opération". Le gouvernement de transition somalien a de son côté "applaudi la bravoure des forces spéciales françaises et l'opération qu'elles ont menée contre les pirates".
Lutter contre la piraterie
François Fillon, en visite au Japon, demande quant à lui la création d'une "force internationale" sous mandat de l'ONU pour lutter contre les actes de piraterie maritime. "C'est une des premières fois qu'une opération militaire est engagée dans cette région contre des actes de piraterie, c'est la capacité de nos forces armées qui l'a rendue possible", a déclaré le Premier ministre. "Nous allons prolonger cette opération par une initiative internationale", a ajouté François Fillon, qui s'exprimait à bord du porte-hélicoptères français "Mistral", dans le port de Tokyo.
"Nous ne pouvons pas nous résoudre à revenir à des temps anciens où le droit international ne s'applique pas sur une partie des océans", a-t-il ajouté. Cette initiative avait été annoncée la veille à Paris par le conseiller diplomatique du président Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte (lire l'article). Une démarche que soutient en tous la Somalie : "nous appelons les autres nations à se joindre au combat contre les pirates au large de la Somalie (...) Si chaque gouvernement mène des opérations comme celle des Français, je crois qu'on ne verra plus jamais de pirates dans les eaux somaliennes", a jugé le gouvernement transitoire somalien.
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