Robert Mugabe, le 3 avril 2008 © TF1/LCIL'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, le parti du président Robert Mugabe, a officiellement perdu les législatives de samedi dernier. Selon les résultats définitifs annoncés par la commission électorale dans la nuit de mercredi à jeudi, le Zanu-PF n'obtient que 97 sièges à l'Assemblée, contre 109 (sur 210) à l'opposition, représentée par Mouvement pour le changement démocratique (MDC). "Nous avons une majorité claire et nette. Nous assistons à un début de transfert du pouvoir, au niveau du Parlement, et c'est une victoire pour le peuple", souligne le MDC.
Anticipant toute tentative de manipulation des résultats à la présidentielle, qui se déroulait également samedi, le MDC a également revendiqué la victoire de son candidat, Morgan Tsvangirai, contre Robert Mugabe, qui dirige le pays d'une main de fer depuis l'indépendance en 1980. Le MDC affirme que Morgan Tsvangirai a obtenu 50,3% des voix, contre 42,9% à Mugabe et 6,8% à un troisième candidat.
Lutte d'influence
Dans son édition de jeudi, le quotidien financier sud-africain Business Day affirme que Robert Mugabe, brocardé par de nombreuses associations pour les droits de l'Homme, aurait admis sa défaite devant ses proches et ses conseillers. Mais il n'aurait pas encore décidé ou non de se présenter au second tour de la présidentielle si les résultats officiels lui permettent de se maintenir. Son parti s'est dit prêt à le soutenir en cas de second tour.
Une lutte d'influence serait en effet en cours dans son entourage entre les éléments les plus radicaux, qui souhaiteraient qu'il aille jusqu'au bout et livre duel à Tsvangirai au deuxième tour, et ceux, notamment parmi sa famille et ses conseillers personnels, qui l'appelleraient à renoncer. Jeudi à la mi journée, le parti de Mugabe s'est dit prêt "pour un second tour et (...) pour la victoire qui va en résulter"... Le président a quant à lui fait sa première apparition en public depuis samedi.
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