Les pirates à bord du navire français pris d'assaut © Ministère de la DéfenseDe la manière dont l'équipage du voilier de luxe pris en otage au large des côtes africaines vit sa séquestration, on sait fort peu de choses. Mais les nouvelles ne semblent pas mauvaises : "On sait juste qu'ils vont bien, qu'ils sont sains et saufs", a déclaré dimanche une porte-parole de l'armateur français CMA-CGM, propriétaire du navire. Elle a précisé qu'une prise de contact avec les pirates avait été tentée mais pour le moment sans succès. Attaqué vendredi à l'entrée du golfe d'Aden par des pirates, dont une dizaine sont restés à bord, le Ponant fait toujours route vers le Sud, le long de la côte nord-est de la Somalie, au large de la région semi-autonome du Puntland bordée par l'océan Indien. Il est entré samedi dans les eaux territoriales somaliennes, et un navire de la Marine française a été autorisé à le suivre.
Le procès des pirates présumés du Ponant
Six hommes accusés d'avoir pris en otage pendant une semaine, en avril 2008, l'équipage du voilier Le Ponant, seront jugés depuis mardi aux assises de Paris.
Publié le 22/05/2012
"Nous avons des informations selon lesquelles les pirates se déplacent à présent vers la zone côtière de Garaad où je pense qu'ils disposent d'un endroit pour s'arrêter", a déclaré dimanche Abdullahi Said Aw-Yusuf, un membre de l'administration de Eyl, localité située au nord de Garaad. Selon ce responsable local, "ce sont des pirates bien armés de la région (semi-autonome) du Puntland et donc ils ne peuvent aller beaucoup plus loin que Garaad. Ils vont à présent rester entre ici et Garaad".
"Voyons comment les choses évoluent"
Selon Hervé Morin, les autorités françaises suivaient le navire "à distance avec des moyens militaires qui (leur) permettent d'avoir une parfaite observation et connaissance de la situation". Interrogé sur Europe 1, le ministre français de la Défense a déclaré en revanche ignorer la destination du Ponant et n'avoir reçu aucune communication des pirates. Samedi, le Premier ministre François Fillon avait souligné que la priorité était la sécurité de l'équipage composé de 22 Français et d'une dizaine d'Ukrainiens.
Pour Hervé Morin, la décision d'une éventuelle intervention "ne peut être prise qu'avec la certitude que ça se fera dans des conditions de sécurité qui préservent l'intégrité de l'équipage". D'où cet attentisme : "Voyons comment les choses évoluent et continuons à suivre ce bateau pour être en mesure de pouvoir nouer les contacts ou mener telle ou telle opération en fonction de la situation". Alors que les premières photos du Ponant ont montré des pirates sur le pont supérieur et deux petits canots à moteur remorqués par le navire, Hervé Morin a dit ne pas avoir de précisions sur le déroulement de l'attaque.
La veille, il avait rappelé que dans cette zone "infestée de pirates" - plus d'une quarantaine d'actes de piraterie rien qu'en 2007 - ces derniers avaient pour habitude de rejoindre la terre et ensuite d'engager des négociations, en demandant le plus souvent des rançons. Le dernier rapport antipiraterie du Bureau maritime international fin mars mettait notamment en garde sur la possible présence dans la zone de "bateaux-mères" capables "d'opérer très au large pour lancer des canots pouvant attaquer et détourner des navires". Le dernier cas de prise d'otages, le plus spectaculaire, dans ce secteur, avait concerné un remorqueur russe et ses six membres d'équipage, qui avaient été retenus du 1er février au 17 mars 2008, avant d'être libérés contre une rançon de 700.000 dollars.
D'après agence
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