Ponant : la prise d'otages pourrait durer des mois

le 09 avril 2008 à 16h07 , mis à jour le 09 avril 2008 à 19h13

Selon des experts, Le Ponant pourrait être aux mains du plus puissant des groupes de pirates locaux, les "Somali Marines" qui avaient retenu le journaliste français Gwen Le Gouil.

Le Ponant, voilier de luxe abordé par des pirates au large de la Somalie (avril 2008)Le Ponant, voilier de luxe abordé par des pirates au large de la Somalie (avril 2008) © TF1/LCI

La prise d'otages du Ponant pourrait s'installer dans la durée. "On nous a indiqué que l'on s'installe probablement dans la durée, un mois ou deux", a affirmé Annick Le Loch, députée PS du Finistère, qui a rapporté mercredi des informations recueillies mardi matin auprès de la cellule de crise du quai d'Orsay. "C'est l'armateur qui a le contact avec les ravisseurs, l'Etat français étant en soutien derrière", a-t-elle ajouté. Priorité est donnée à la libération de l'équipage mais l'Etat ne paiera pas, a également rapporté Annick Le Loch.
 
Selon des experts interrogés par l'AFP, Le Ponant pourrait être aux mains du plus puissant des groupes de pirates locaux, les "Somali Marines". C'est ce même groupe qui avait retenu en otage pendant 8 jours en décembre le journaliste français Gwen Le Gouil (voir encadré ci-dessous). Cette bande, bien armée et organisée, est responsable des principales opérations de piratage dans cette région et est capable, grâce à de puissants contacts locaux et à des intermédiaires régionaux, de négocier pendant des semaines ou des mois avec les propriétaires des vaisseaux capturés pour obtenir une rançon maximale, ajoutent ces sources. La France a déployé dans la région une équipe du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et des commandos marine pour parer à toute éventualité.
 
Pas malades
 
On a par ailleurs appris mercredi qu'une organisation non gouvernementale somalienne avait ravitaillé en nourriture et en eau, à la demande des pirates, le voilier de luxe français détourné vendredi par ces pirates au large de la Somalie. Capturé le 4 avril au large de la Somalie, Le Ponant, propriété de l'armateur français CMA CGM, mouille à quelques encablures du village de Garaad, situé dans le sud de la côte de la région autoproclamée autonome du Puntland.
 
Une trentaine de membres d'équipage du yacht, dont 22 Français, étaient à bord lorsqu'il a été détourné. "Les pirates ont demandé de la nourriture et de l'eau et nous leur en avons donné par principe humanitaire. Pour le moment, nous ne sommes pas impliqués dans cette affaire plus qu'au niveau humanitaire", a ajouté un représentant de l'ONG Somali Tribal Rights Watch (STRW). "Les otages ne sont pas malades et ils ne sont pas menacés par leurs ravisseurs. Nous continuerons à surveiller leurs besoins humanitaires", a-t-il précisé. Abdinur Tahli, un autre membre de STRW, a affirmé à l'AFP que les otages étaient "en bonne santé et avaient un bon moral".
 
Les familles des 22 membres français, dont deux sont originaires du Finistère, de l'équipage du voilier de luxe Le Ponant, pris en otages il y a cinq jours par des pirates au large de la Somalie ont été reçues mardi après-midi à l'Elysée par Nicolas Sarkozy.

Un journaliste correctement traité par les mêmes ravisseurs

"Ils ont été très corrects avec moi, ils ne m'ont jamais frappé, ils m'ont un peu bousculé au moment de l'enlèvement pour m'intimider, pour que je n'essaie pas de fuir (...) A leurs yeux j'étais rare et cher, ils m'ont plutôt bien soigné, ils avaient peur que j'aille mal, que je perde de la valeur", a expliqué mercredi le journaliste au micro d'Europe 1. Les ravisseurs "sont d'anciens pêcheurs qui se sont reconvertis dans des trafics divers et variés, comme les prises d'otages, le trafic de monnaie, de pièces archéologiques, d'êtres humains, ils n'ont pas un sens politique très poussé, il n'y a qu'une seule règle, une seule loi qui compte à leur yeux, c'est celle de l'argent", a-t-il ajouté. Il a précisé que pour sa libération "tout s'est fait sans violence, par la négociation". Journaliste de télévision indépendant, Gwen Le Gouil avait été enlevé le dimanche 16 décembre 2007, au lendemain de son arrivée dans le port de Bosasso (capitale économique du Puntland). Ses ravisseurs réclamaient une rançon en échange de sa libération. Il s'était rendu au Puntland pour y effectuer un reportage sur le trafic d'émigrants illégaux traversant au péril de leur vie le golfe d'Aden vers le Yémen dans l'espoir d'une vie meilleure. 

 
le 09 avril 2008 à 16:07
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6 Commentaires

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  • Milou, le 09/04/2008 à 19h11

    A quoi sert la Marine Nationale , les nageurs de combat , les commandos de marine , les régiments parachutistes d'infanterie de marine , les chuteurs opérationels , la panoplie technologique si elle n'est pas capable de neutraliser quelques pirates armés de RPG , kalash et autres mitrailleuses lourdes . On va voir .

  • LEFEVRE, le 09/04/2008 à 18h03

    Le Ponant n'est plus dans les eaux internationales. Est-ce une raison pour ne pas lancer un assaut contre les pirates qui violent les lois internationales ? Le GIGN et les commandos marines connaissent ce genre de situation. Alors : action !

  • DUPONT, le 09/04/2008 à 17h40

    Les bateaux n'ont qu'à rester au large !!! Ils chercheraient les ennuis qu'ils ne s'y prendraient pas autrement.

  • André, le 09/04/2008 à 17h38

    Je peux comprendre que cela ne va pas être facile , mais ce que je ne comprend pas c'est ce que font nos forces armées en attendant était-ce nécessaire d'être sur place simplement pour verser une rançon?? n'ayant aucune résistance cela va les encourager à recommencer on peut se poser des questions sur notre défense

  • Jean-Luc, le 09/04/2008 à 17h30

    On sait ou se trouve les pirates. Pourquoi ne pas les rendre visite avec quelques missiles, bombes et avions ?

  • Julie, le 09/04/2008 à 17h04

    Donc on va payer pour une mission humanitaire en colombie bidon, on va payer pour l'arche de zoé mais on ne paye pas pour une prise d'otage... bravo la France ! et vive les économies !

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