Le président Mugabe © DRRien n'est joué au Zimbabwe. L'opposition zimbabwéenne a affirmé mercredi qu'elle avait remporté les élections présidentielle et législatives mais s'est déclaré prête à un second tour face à Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980. Selon le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), son candidat à la fonction suprême, Morgan Tsvangirai, a obtenu 50,3% des suffrages exprimés samedi dernier contre 43,8% pour Mugabe.
Un candidat doit réunir 51% des voix pour être élu dès le premier tour mais le parti d'opposition, qui dit s'appuyer sur les résultats affichés à l'extérieur des bureaux de vote, appelle Mugabe à reconnaître sa défaite sans attendre pour éviter un revers humiliant.
La défaite du parti présidentiel a été confirmée par la commission des élections, selon laquelle le MDC et une faction dissidente qui se présentait en solo aux élections ont remporté 105 des 210 sièges du parlement contre 94 pour la Zanu-PF. En se déclarant prêt à un deuxième tour, le MDC opère un virage alors que Tsvangirai avait revendiqué la veille au soir la victoire dès le premier tour. Mais Biti a cependant appelé Mugabe à reconnaître sa défaite pour s'éviter une défaite "embarrassante".
Vers un second tour
Le camp Mugabe semble lui aussi se préparer à un second tour, qui doit avoir lieu dans un délai de trois semaines à compter du premier tour. "La structure des résultats du scrutin présidentiel montre qu'aucun candidat n'obtiendra plus de 50% des voix, rendant nécessaire un second tour", écrit mercredi le quotidien gouvernement Herald.
Quatre jours après le scrutin présidentiel, aucun résultat officiel n'a encore été communiqué par la commission des élections, qui s'est contentée pour l'heure de publier les résultats circonscription par circonscription des législatives organisées le même jour.
Mugabe lui n'a plus été vu en public depuis le vote. Au Zimbabwe comme à l'étranger, on craint que le délai de trois semaines avant un deuxième tour ne favorise l'apparition de violences entre les forces de sécurité et les milices pro-Mugabe d'une part, et les militants du MDC de l'autre. L'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a dit redouter que les retards dans l'annonce des résultats ne finissent par dégénérer en violences semblables à celles subies par le Kenya après la présidentielle de décembre. Les observateurs internationaux accusent Mugabe d'avoir truqué le résultat de l'élection présidentielle de 2002.
(D'après agences)
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