Affrontements aux portes de Khartoum

le 10 mai 2008 à 22h58 , mis à jour le 10 mai 2008 à 23h16

Des rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité ont affronté les forces gouvernementales tout près de la ville. Khartoum accuse le Tchad d'être derrière l'attaque.

Images d'affrontements aux portes de Khartoum diffusés par la télévision soudanaise (10 mai 2008)Images d'affrontements aux portes de Khartoum diffusés par la télévision soudanaise (10 mai 2008) © TF1/LCI

C'est la première fois que les combats atteignent la capitale soudanaise en plusieurs décennies de conflit entre le gouvernement et les rebelles. Les rebelles darfouri du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) ont affronté samedi les forces gouvernementales soudanaises à Omdourman, un faubourg de Khartoum, dans l'intention de prendre le contrôle de la capitale. Des tirs nourris ont retenti et des hélicoptères ainsi que des véhicules militaires ont été dépêchés sur les lieux des affrontements tandis qu'un couvre-feu était imposé pour la nuit.

"Le principal but de cette attaque de sabotage terroriste avortée était de provoquer une couverture médiatique et de faire croire aux gens qu'ils étaient parvenus à pénétrer dans Khartoum", a déclaré à la télévision nationale Mandour al Mahdi, secrétaire politique du Parti du Congrès national, au pouvoir. "Grâce à Dieu, cette tentative a été complètement vaincue. Certains responsables de haut niveau du JEM ont été tués". 

Accusations et démentis

Le Soudan a accusé le Tchad de soutenir les rebelles qui ont progressé à vive allure à travers les 600 km séparant le Darfour de Khartoum. Un haut responsable a déclaré que l'attaque avait détruit toute chance de discussion de paix. A N'Djamena, le gouvernement tchadien a démenti toute implication "dans cette aventure qu'il condamne", selon le ministre des Communications et porte-parole du gouvernement. Pour sa part, le Tchad accuse régulièrement le Soudan de soutenir les rebelles qui ont tenté de prendre le pouvoir à N'Djamena en février. Les deux pays démentent soutenir les mouvements rebelles en lutte contre leur voisin. Ils ont signé un accord de non-agression à la mi-mars mais se sont mutuellement accusés peu après de l'avoir violé.

Ce conflit plus ou moins ouvert entre les deux pays a de larges répercussions sur le continent africain. Un témoin a ainsi affirmé samedi avoir vu trois chasseurs égyptiens et un avion de transport de l'armée égyptienne atterrir à l'aéroport de Khartoum, ce qui donnerait à penser que l'Egypte pourrait avoir apporté son soutien au Soudan. Un porte-parole de la Maison blanche a déclaré pour sa part que l'administration Bush était "très préoccupée" par les violences et invitait les deux parties à faire preuve de retenue.

L'économie soudanaise, alimentée par le développement de la production pétroliére, a rapidement progressé depuis la signature d'un accord de paix qui a mis fin à une guerre civile entre le nord et le sud, en 2005, mais cet accord ne couvre pas le conflit qui a éclaté au Darfour il y a cinq ans. Les experts internationaux estiment que la guerre civile au Darfour a fait 200.000 morts et deux millions et demi de déplacés en cinq ans. Khartoum avance un bilan de 10.000 morts. Les pays occidentaux, qui font pression en faveur de discussions de paix, ont accusé Khartoum de freiner le déploiement au Darfour d'une force de maintien de la paix Onu-Union africaine qui devrait compter 26.000 hommes.

D'après agence

le 10 mai 2008 à 22:58
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