L'enquête sur la mort de Pascal Marlinge se poursuit

le 02 mai 2008 à 18h32 , mis à jour le 02 mai 2008 à 22h41

Une escorte était "prévue" pour accompagner le convoi du Français, mais l'association a décidé de voyager sans, selon le ministre tchadien de l'Intérieur.

Tchad. Image prétexte.Image d'archives

Au lendemain du meurtre d'un humanitaire français dans l'est du Tchad, l'enquête se poursuit pour comprendre les circonstances de l'attaque et pour retrouver les coupables. La gendarmerie tchadienne enquêtait vendredi sur le terrain après avoir retrouvé jeudi soir à plus de 100 km du lieu de son assassinat le véhicule de l'ONG Save The Children où travaillait Pascal Marlinge. Celui-ci a été abattu alors qu'il faisait partie d'un convoi humanitaire de trois véhicules qui reliait Farchana à Adre, près de la frontière soudanaise, dans un secteur très instable.

"Avant leur départ, il était prévu une escorte pour accompagner ce convoi, malheureusement, cette ONG a décidé de partir sans escorte, et elle est tombée entre les mains de bandits de grand chemin", a expliqué le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique Ahmat Mahamat Bachir. Le secrétaire général de la région du Ouaddaï a toutefois nuancé ces propos. "[Nous avons] des problèmes avec les humanitaires" qui "par principe refusent les escortes que nous leur proposons", a-t-dit.

Les ONG suspendent leurs activités

La région est en effet particulièrement instable. Pascal Marlinge, chef de mission de l'ONG basée à Londres, est le deuxième humanitaire tué en moins de six mois dans la zone, après la mort d'un chauffeur tchadien d'une ONG en décembre dans le même secteur. Un soldat de l'Eufor, la force européenne déployée dans la région ainsi que dans le Nord-Est de la Centrafrique, a également été tué début mars lors d'un accrochage avec l'armée soudanaise. "Le gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires pour traquer tous les bandits de grand chemin et autres coupeurs de route qui écument cette zone", a promis le ministre, demandant toutefois à l'Eufor et à la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad, chargée notamment de la formation des policiers et de la sécurité des camps de réfugiés, "de s'organiser pour protéger et assurer la sécurité des réfugiés dans les camps et autour des camps".

Suite à la mort du Français, les agences onusiennes et les ONG ont suspendu pour deux jours leurs "activités humanitaires" afin de "protester contre la détérioration de la sécurité à l'est du Tchad, et réitérer leur solidarité avec les familles et collègues de toutes les victimes de cette insécurité", selon un communiqué du coordonnateur des opérations humanitaires des Nations unies au Tchad. En France, l'épouse de Pascal Marlinge, Isabelle, a assuré que son "mari était quelqu'un de très professionnel qui attachait une grande importance à la sécurité. Il ne s'est pas mis en danger, il ne mettait pas en danger les personnes qui travaillaient avec lui".

(D'après agence)

le 02 mai 2008 à 18:32
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