Nicolas Sarkozy et José Eduardo Dos Santos à Luanda le 23 mai © LCI/TF1"Nous avons décidé de tourner la page des malentendus du passé." Nicolas Sarkozy est arrivé ce matin à Luanda, où il a été accueilli par son homologue angolais José Eduardo Dos Santos. Objectif de cette visite-express, "commencer une nouvelle ère des relations bilatérales" entre les deux pays.
Voilà dix ans qu'un Président français n'avait pas mis les pieds en Angola. Dix ans de silence entre les deux Etats dûs à l'affaire connue sous le nom d' "Angolagate" : un trafic d'armes entre 1993 et 2000 vers l'Angola, alors en pleine guerre civile, et dans lequel des personnalités de droite et de gauche, ainsi que des dignitaires angolais sont soupçonnés d'avoir touché illégalement commissions. Quarante-deux personnes - aucun Angolais - seront jugées à Paris en octobre prochain dans le cadre de cette affaire.
Une affaire que les deux pays souhaitent désormais oublier. Le président angolais a d'ailleurs salué "l'effort développé par le président Sarkozy pour éliminer toutes les difficultés qui empêchaient le renforcement et la coopération entre nos deux pays".
La tendance devrait donc être au rapprochement entre l'Angola et la France. Le président de la République n'est d'ailleurs pas venu seul, mais accompagné d'une petite délégation composée des secrétaires d'Etat au Commerce extérieur - Anne-Marie Idrac - et à la Coopération - Alain Joyandet, ainsi que de plusieurs chefs d'entreprises venus nouer des accords commerciaux. Thalès a signé un contrat de 140 millions d'euros avec l'Angola. La Société Générale a signé une ligne de crédit-acheteurs de 300 millions de dollars avec les autorités. Christophe de Margerie, directeur général du groupe Total, est également du voyage (lire l'encadré ci-dessous).
Reconstruction et corruption
Si la France désire tisser des liens avec un pays au potentiel économique immense - et dont le PIB a connu une croissance de près de 25% en 2007 - elle souhaite aussi, comme l'a rappelé Nicolas Sarkozy au quotidien Jornal de Angola, "participer pleinement à l'effort de reconstruction de l'Angola".
Le président de la République a annoncé la reprise des activités en Angola de l'Agence française de développement (AFD), qui financera des projets dans l'énergie, l'eau, l'assainissement. La France entend également aider l'Angola dans la formation d'ingénieurs et de techniciens supérieurs, et Nicolas Sarkozy a proposé la création d'une fondation France-Angola pour mettre en œuvre des projets de création culturelle.
Tout est à reconstruire dans cette ancienne colonie portugaise, détruite par 27 années d'une guerre civile qui a pris fin en 2002, et minée par la corruption. Au classement des régimes les plus corrompus établis par l'organisation Transparency International, le pays occupe la 147e place sur 179 pays.
| Total convoite le pétrole angolais |
Plusieurs chefs d'entreprises font partie de la délégation qui s'est rendue en Angola avec Nicolas Sarkozy. Parmi eux, Christophe de Margerie, directeur général du groupe Total. Actuellement deuxième opérateur pétrolier en Angola, Total a annoncé son ambition de devenir « d'ici deux à trois ans » , le numéro un du secteur. Avec plus de deux millions de barils par jour, l'Angola est le troisième producteur de pétrole en Afrique, deriière l'Algérie et la Libye, et devant le Nigéria. |
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