François Fillon et Abdelaziz Belkhadem à Alger le 21 juin 2008. © TF1/LCILe Premier ministre français François Fillon, arrivé samedi pour une visite de deux jours à Alger, a signé deux accords sur la défense et sur le nucléaire civil, avec son homologue algérien Abdelaziz Belkhadem.
A l'occasion d'une visite d'Etat du président Nicolas Sarkozy en décembre 2007, l'Algérie était devenue le premier pays arabe à conclure un plan de coopération avec la France sur le nucléaire civil. Cette démarche a débouché samedi sur un accord-cadre prévoyant de la formation, de la recherche en commun et ouvrant la possibilité de construire, à terme, des centrales nucléaires en Algérie. L'accord militaire également paraphé samedi aborde la coopération et la formation. Fruit de cinq ans de négociations, il ouvre aussi la voie à de futurs contrats d'armement. De source proche du dossier, l'Algérie marquerait ainsi son intérêt pour des hélicoptères militaires ainsi que pour des frégates.
"Un avenir commun"
Au-delà de ces accords de coopération, la visite de M. Fillon s'inscrit dans la droite ligne des tentatives de relance de la relation franco-algérienne effectuées par M. Sarkozy depuis son accession à l'Elysée. Notamment à un moment où, pour Paris, l'adhésion de l'Algérie à l'Union pour la Méditerranée (UPM) est un enjeu majeur. "Nous allons démontrer que la relation entre l'Algérie et la France est une relation exceptionnelle entre deux grands pays qui ont une histoire commune, mais surtout un avenir commun", a ainsi proclamé à son arrivée le chef du gouvernement français. Le président Abdelaziz Bouteflika n'a pas encore indiqué s'il assisterait, le 13 juillet à Paris, au lancement de l'UPM cher à Nicolas Sarkozy. François Fillon doit aborder le sujet dimanche, à l'occasion d'un tête-à-tête avec le président algérien.
Ne pas fuir l'Algérie
Samedi matin, au cours d'une séance de travail, Abdelaziz Belkhadem a insisté pour sa part sur la relation bilatérale. Il a interpellé son homologue sur "la nécessité d'une plus grande fluidité dans la circulation des personnes entre les deux pays", avant d'appeler les entreprises françaises à continuer d'augmenter leurs investissements en Algérie. Une vingtaine de patrons accompagnent ce week-end M. Fillon. Deux entreprises, le groupe cimentier Lafarge et de matériel électrique Schneider, devraient conclure en marge de la visite l'achat de deux sociétés algériennes privatisées.
Même si, avec la mort d'un ingénieur français dans un attentat début juin, la sécurité demeure un obstacle au développement des affaires, François Fillon s'est voulu toutefois encourageant dans un entretien samedi à deux quotidiens algériens, appelant les investisseurs français à ne pas fuir l'Algérie.
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