Mugabe, seul face au monde et face aux urnes

le 27 juin 2008 à 05h45 , mis à jour le 26 juin 2008 à 15h55

Les Zimbabwéens sont appelés à voter pour le second tour d'une présidentielle déclarée non crédible par la communauté internationale, où Mugabe n'a plus d'opposant.

robert mugabeRobert Mugabe, le 3 avril 2008 © TF1/LCI

Envers et contre tous, Robert Mugabe a décidé de maintenir le second tour de la présidentielle. Il a ignoré les pressions de l'Onu, de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et même de Nelson Mandela, héros comme lui de la lutte contre la suprématie blanche. Même le retrait de la course du chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, qui a expliqué avoir renoncé face au déchaînement de violences depuis les élections générales du 29 mars, n'a pas convaincu le vieux chef du Zimbabwe, aujourd'hui âgé de 84 ans, de renoncer à un scrutin désormais jugé non crédible à la fois par l'Occident et par les autres pays du continent africain.

A la veille du scrutin, ultime défi au monde, le chef de l'Etat a voulu tenir son dernier meeting de campagne. La veille il avait appelé ses partisans à lui donner une "victoire massive" alors que dans les faits il sera seul en lice - même si la Commission électorale du Zimbabwe a refusé de retirer la candidature de son rival, affirmant qu'elle était arrivée trop tard.

Mugabe a toujours des alliés au sein de l'Afrique australe

Le même jour, lors d'une sortie aux accents dramatiques de l'ambassade des Pays-Bas à Harare où il est réfugié, Morgan Tsvangirai avait imploré l'Afrique à "une action maintenant". L'ancien syndicaliste de 56 ans, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, avait demandé à l'Union Africaine et à la SADC d'aider à mettre en place un "mécanisme de transition" et avait appelé au déploiement de "troupes armées de maintien de la paix".

Le président George W. Bush a d'ores et déjà qualifié le scrutin "d'imposture" et le Royaume-Uni a retiré au président zimbabwéen son titre de chevalier, attribué à titre honoraire, en raison de son "mépris abject" pour la démocratie. La SADC, lors d'une réunion d'urgence de sa commission de sécurité (Swaziland, Angola, Tanzanie), a exhorté Robert Mugabe à "reporter le vote", estimant que la situation ne permettait pas la tenue d'un scrutin "libre et équitable".

Mais l'absence remarquée à cette réunion des Etats de l'Afrique australe du président angolais, Jose Eduardo dos Santos, un proche de l'homme fort d'Harare, et de son homologue sud-africain Thabo Mbeki, chargé d'une médiation au Zimbabwe, a une fois de plus montré les divisions au sein de la région. Robert Mugabe, le plus vieux des chefs d'Etat du continent, compte toujours des alliés au sein de l'Afrique australe, grâce à des solidarités restées fortes au nom de la lutte pour l'indépendance.

D'après agence

le 27 juin 2008 à 05:45
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7 Commentaires

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  • Vieux fou, le 27/06/2008 à 09h55

    Le vieil homme est face à l'histoire et ce n'est pas en forçant son peuple à mettre son nom dans une urne qu'il affirme sa grandeur d'âme ! encore une poignée d'année d'illusoire pouvoir de petit homme ! Robert ! petit Robert ! Mugabe ta suprématie est devenue le pain noir de ton pauvre peuple ! ta page se tourne et la merde de ta fin de vie sera ton éternitée !

  • Yann, le 27/06/2008 à 09h35

    Ce type est un imposteur! Il a ruiné son pays, il règne tel un dictateur et refusera de céder son trône jusqu'à sa mort.

  • Florian, le 27/06/2008 à 09h24

    En 2002 Chirac aussi n'avais soit-disant personne en face. Il a été réélu avec un meilleur pourcentage que Sadam Husseim, pourtant la communauté internationale n'a pas réagi, l'ONU n'a pas soufflé mot.

  • Jpr, le 27/06/2008 à 08h17

    On aimerait bien entendre le président de " Reporter Sans Frontières " , Robert Ménard, sur le sujet . Où est-il donc passé ? Le Zimbawé où les journalistes sont expulsés manu militari, l'intéresse-t-il moins que le Tibet ?

  • John, le 27/06/2008 à 08h06

    La triste verite. c'est que Mugabe ou un autre, rien ne changera. Un nouveau venu prendra lui aussi gout au pouvoir, et ne voudra plus s'en separe. Ce n'est pas que Mugabe le responsable, mais ceux qui l'elisent et la facon dont beaucoup de pays africains exercent leur politique: a cout de dollars, chatiements, influences ou combats. L'Afrique du Sud, la Namibie, le Zimbabwe, tout les pays qui commencaient a s'en sortir retombent, L'Afrique ne changera jamais.

  • Amo, le 27/06/2008 à 07h57

    Je ne sais pas ce qu'il faut faire avec ce genre de personne... sachant que le dialogue ne fonctionne pas et qu'il s'en fout royale, on ne peux pas tout simplement le suprimer ? je sais pas ... je dit ça comme ça. Mais je voudrais bien qu'on me dise ce qu'il est POSSIBLE de faire contre ce genre de personne. Merci

  • LAFOY HONG-KONG, le 27/06/2008 à 07h23

    BOYCOT DE LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL EN AFRIQUE DU SUD !!!

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