Robert Mugabe, le 3 avril 2008 © TF1/LCIEnvers et contre tous, Robert Mugabe a décidé de maintenir le second tour de la présidentielle. Il a ignoré les pressions de l'Onu, de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et même de Nelson Mandela, héros comme lui de la lutte contre la suprématie blanche. Même le retrait de la course du chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, qui a expliqué avoir renoncé face au déchaînement de violences depuis les élections générales du 29 mars, n'a pas convaincu le vieux chef du Zimbabwe, aujourd'hui âgé de 84 ans, de renoncer à un scrutin désormais jugé non crédible à la fois par l'Occident et par les autres pays du continent africain.
A la veille du scrutin, ultime défi au monde, le chef de l'Etat a voulu tenir son dernier meeting de campagne. La veille il avait appelé ses partisans à lui donner une "victoire massive" alors que dans les faits il sera seul en lice - même si la Commission électorale du Zimbabwe a refusé de retirer la candidature de son rival, affirmant qu'elle était arrivée trop tard.
Mugabe a toujours des alliés au sein de l'Afrique australe
Le même jour, lors d'une sortie aux accents dramatiques de l'ambassade des Pays-Bas à Harare où il est réfugié, Morgan Tsvangirai avait imploré l'Afrique à "une action maintenant". L'ancien syndicaliste de 56 ans, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, avait demandé à l'Union Africaine et à la SADC d'aider à mettre en place un "mécanisme de transition" et avait appelé au déploiement de "troupes armées de maintien de la paix".
Le président George W. Bush a d'ores et déjà qualifié le scrutin "d'imposture" et le Royaume-Uni a retiré au président zimbabwéen son titre de chevalier, attribué à titre honoraire, en raison de son "mépris abject" pour la démocratie. La SADC, lors d'une réunion d'urgence de sa commission de sécurité (Swaziland, Angola, Tanzanie), a exhorté Robert Mugabe à "reporter le vote", estimant que la situation ne permettait pas la tenue d'un scrutin "libre et équitable".
Mais l'absence remarquée à cette réunion des Etats de l'Afrique australe du président angolais, Jose Eduardo dos Santos, un proche de l'homme fort d'Harare, et de son homologue sud-africain Thabo Mbeki, chargé d'une médiation au Zimbabwe, a une fois de plus montré les divisions au sein de la région. Robert Mugabe, le plus vieux des chefs d'Etat du continent, compte toujours des alliés au sein de l'Afrique australe, grâce à des solidarités restées fortes au nom de la lutte pour l'indépendance.
D'après agence
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