© LCIAlors que les Zimbabwéens étaient appelés aux urnes vendredi à l'occasion du second tour de l'élection présidentielle, la communauté internationale a condamné unanimement "un simulacre d'élections démocratiques" dans lesquelles les électeurs n'avaient d'autres choix que de réélire Robert Mugabe après le retrait de l'opposant Morgan Tsvangirai. La Commission européenne est montée au créneau pour dénoncer une "imposture". Elle a affirmé qu'elle ne pouvait considérer ce scrutin comme "légitime ou valide". Même son de cloche du côté du G8, les ministres des Affaires étrangères des pays les plus industrialisés ayant annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas "la légitimité d'un gouvernement qui ne reflèterait pas la volonté du peuple zimbabwéen". La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et Nelson Mandela, héros comme Robert Mugabe de la lutte contre la suprématie blanche, se sont joints à la vague de contestation.
Ces pressions internationales n'ont toutefois pas ébranlé la détermination de Robert Mugabe. Vendredi midi, il a été aperçu dans un bureau de vote d'un quartier chic d'Harare, la capitale du pays. "Je me sens en pleine forme et je suis très optimiste", a-t-il déclaré, entouré d'une cinquantaine de gardes du corps. Un optimisme que ne partage pas le leader de l'opposition qui dénonce les exactions commises par le régime qui l'ont poussé à jeter l'éponge entre les deux tours. Dans une lettre ouverte, il a appelé au boycott de l'élection. "Si c'est possible, nous vous demandons de ne pas voter aujourd'hui", leur a-t-il écrit vendredi. "Mais si vous devez voter pour M.Mugabe en raison des menaces qui pèsent sur votre vie, faites-le."
Pressions
Dans la capitale, acquise à l'opposition, l'affluence était faible dans les bureaux de vote. Dans les zones rurales, des bus affrétés par le parti au pouvoir emmenaient les électeurs jusqu'aux bureaux de vote. Les opérations se sont déroulés dans une atmosphère "paisible", a assuré la Commission électorale du Zimbabwe. Mais dès les premières heures, des témoins ont fait état de pressions. Selon certains témoignages, des partisans du régime auraient forcé des électeurs à leur communiquer le numéro de série inscrit sur leur bulletin de vote pour pouvoir vérifier qu'ils avaient bien voté pour le président. "Les gens doivent montrer leur bulletin à un représentant de la Zanu-PF avant de le glisser dans l'urne", a déclaré un délégué de l'opposition à Mapanda dans l'est du pays. "Je n'avais pas le choix. J'ai dû voter pour Mugabe", a-t-il ajouté.
A Charm-el-Cheikh, où sont réunis les ministres des Affaires étrangères de l'Union africaine en préparation d'un sommet de l'organisation, Jean Ping, président de la commission de l'UA, s'est dit convaincu vendredi que le problème du Zimbabwe serait "réglé d'une manière crédible". "Mais je vous en prie, laissez-nous le temps de le régler avec nos chefs d'Etat", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Robert Mugabe avait déclaré jeudi qu'il assisterait au sommet, lundi et mardi, mais qu'aucune solution ne pouvait être imposée de l'extérieur au Zimbabwe. En marge du sommet du G8, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a indiqué de son côté qu'une réflexion allait être menée au sein du Conseil de sécurité de l'ONU afin de déterminer l'attitude à adopter dans les prochains jours envers Harare. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a lui parlé de "sanctions". Son homologue italien, Franco Frattini, a dit qu'il serait favorable à ce que les ambassadeurs de l'Union européenne quittent le pays.
(D'après agence)
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