Le président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, le colonel Mohamed BacarL'ex-président de l'île comorienne d'Anjouan, le colonel Mohamed Bacar, a été expulsé de La Réunion samedi matin avec son frère et deux de ses hommes à destination de Cotonou, au Bénin sur un vol spécial affrété par le gouvernement français. Après un vol sans incident, il a été remis entre les mains des autorités béninoises et conduit sous escorte de quatre véhicules de police béninois dans un hôtel de Cotonou. "Je suis parti parce que l'Union africaine m'a collé un carton rouge. Je vais rester au Bénin autant qu'on me le permettra", a déclaré le colonel Bacar à son arrivée. Selon des sources informées, il devrait passer quelques jours à Cotonou avant d'être envoyé dans une ville du nord du pays, pour une durée indéterminée. Selon des sources béninoises, l'ancien homme fort d'Anjouan devra s'abstenir de toute activité politique durant son séjour.
Il était président d'Anjouan depuis mars 2002 mais sa réélection en juin 2007avait été jugée illégale par l'Union des Comores et l'Union africaine, qui l'avait ensuite renversé fin mars. Arrivé fin mars dans l'île de la Réunion avec des militaires de sa garde rapprochée, Mohamed Bacar avait été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour détention d'armes.
"Est-ce que la France aurait des choses à cacher"
L'asile en France lui avait été définitivement refusé fin juin, mais son renvoi aux Comores avait été exclu. Il était depuis assigné à résidence dans une base aérienne militaire de La Réunion. A la veille de son départ, le colonel Bacar avait déclaré à la presse locale avoir demandé des "garanties" contre son renvoi aux Comores, une fois arrivé au Bénin. "Le fait que l'Union africaine ait décidé de m'écarter du pouvoir je l'accepte. Mais le fait de me coller une étiquette d'assassin et de dictateur, je le nie complètement" avait-il dit. Il avait réitéré son souhait de vivre en France, à Nantes, où vivent sa femme et ses cinq enfants.
De son côté, le gouvernement comorien s'est dit "déçu" après cette expulsion. "Ce que nous voulons, c'est que le criminel Bacar soit jugé soit par une juridiction comorienne, soit par une juridiction internationale", a réagi samedi le porte-parole du gouvernement comorien, Abdourahim Said Bakar. "Les crimes de Bacar ne peuvent pas rester impunis, il doit répondre de ses actes devant la justice", a martelé le porte-parole. "Est-ce que la France aurait des choses à cacher dans cette affaire, des choses qu'elle ne voudrait pas que la justice et les Comoriens découvrent ?" s'est également interrogé le porte-parole.
D'après agence
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