Gouvernement et opposition enfin d'accord

le 15 septembre 2008 à 12h08 , mis à jour le 15 septembre 2008 à 16h58

Après plus de cinq mois de violences, le président Robert Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai ont signé lundi un accord d'union nationale.

robert mugabeRobert Mugabe, le 3 avril 2008 © TF1/LCI

Les partis politiques du Zimbabwe ont signé lundi un accord de partage du pouvoir qui verra, pour la première fois en 28 ans, le président Robert Mugabe céder une partie de ses prérogatives. Le chef de l'Etat a paraphé le pacte avec Morgan Tsvangirai, chef de file du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et Arthur Mutambara, dirigeant d'une faction dissidente du MDC, dans un hôtel d'Harare, le capitale.
 
Les trois hommes, souriants, ont échangé une poignée de mains sous les applaudissements lors de la cérémonie à laquelle assistaient le président en exercice de l'Union africaine, le Tanzanien Jakaya Kikwete, ainsi que le président sud-africain Thabo Mbeki, qui a joué les médiateurs.

Moins de pouvoir pour Mugabe
 
Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai s'étaient entendus la semaine dernière sur les grandes lignes de cet accord destiné à sortir le pays du blocage survenu après la réélection contestée du président sortant le 27 juin dernier. Morgan Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, avait renoncé à se présenter au second tour en raison du climat de violence. Il doit désormais devenir Premier ministre et présider un conseil qui supervisera l'action gouvernementale. 
 
De son côté, Robert  Mugabe, qui dirige le Zimbabwe depuis son indépendance en 1980, restera chef de l'Etat et conservera le contrôle de l'armée. Mais l'accord prévoit la suppression du puissant ministère de la Sécurité d'Etat, sans qu'on sache encore qui sera responsable de la police secrète.  Le ministère de la Justice doit être scindé en deux avec la création d'un secrétariat aux Prisons.  L'accord prévoit aussi la création d'un conseil de sécurité nationale destiné à remplacer un centre de commandement de la sécurité accusé par l'opposition d'avoir orchestré la campagne de violences politiques avant l'élection présidentielle. Néanmoins, la composition du gouvernement est encore loin d'être réglé.

le 15 septembre 2008 à 12:08
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2 Commentaires

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  • Le Bigot, le 16/09/2008 à 01h09

    "La parole d'un dignitaire africain vaut autant que la crotte de phacochère" (proverbe ivoirien).

  • Anne Louise, le 15/09/2008 à 13h14

    Je trouve cet accord grotesque et maladroit sur le plan politique et juridique. Comment pourra-t-on faire juger par la cour pénale internationale un dictateur qui a commis des crimes, qui se voit attribuer par un accord signé en bonne et due forme en présence des media, les pouvoirs de président et de vice-président, plus le contrôle de l'armée N'est-ce-pas là un reconnaissance implicite de la validité des élections présidentielles du 27 juin 2008? N'aurait-il pas mieux valu organiser une commission d'enquête pour faire constater le irrégularités et les crimes et lancer un mandat d'arrêt international contre R. Mugabe qui est au pouvoir depuis 28 ans.

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