Robert Mugabe, le 3 avril 2008 © TF1/LCILes partis politiques du Zimbabwe ont signé lundi un accord de partage du pouvoir qui verra, pour la première fois en 28 ans, le président Robert Mugabe céder une partie de ses prérogatives. Le chef de l'Etat a paraphé le pacte avec Morgan Tsvangirai, chef de file du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et Arthur Mutambara, dirigeant d'une faction dissidente du MDC, dans un hôtel d'Harare, le capitale.
Les trois hommes, souriants, ont échangé une poignée de mains sous les applaudissements lors de la cérémonie à laquelle assistaient le président en exercice de l'Union africaine, le Tanzanien Jakaya Kikwete, ainsi que le président sud-africain Thabo Mbeki, qui a joué les médiateurs.
Moins de pouvoir pour Mugabe
Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai s'étaient entendus la semaine dernière sur les grandes lignes de cet accord destiné à sortir le pays du blocage survenu après la réélection contestée du président sortant le 27 juin dernier. Morgan Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, avait renoncé à se présenter au second tour en raison du climat de violence. Il doit désormais devenir Premier ministre et présider un conseil qui supervisera l'action gouvernementale.
De son côté, Robert Mugabe, qui dirige le Zimbabwe depuis son indépendance en 1980, restera chef de l'Etat et conservera le contrôle de l'armée. Mais l'accord prévoit la suppression du puissant ministère de la Sécurité d'Etat, sans qu'on sache encore qui sera responsable de la police secrète. Le ministère de la Justice doit être scindé en deux avec la création d'un secrétariat aux Prisons. L'accord prévoit aussi la création d'un conseil de sécurité nationale destiné à remplacer un centre de commandement de la sécurité accusé par l'opposition d'avoir orchestré la campagne de violences politiques avant l'élection présidentielle. Néanmoins, la composition du gouvernement est encore loin d'être réglé.
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