La visite "historique" de Condoleezza Rice à Tripoli

le 05 septembre 2008 à 22h39 , mis à jour le 06 septembre 2008 à 10h14

Il s'agit de la première visite en Libye d'un chef de diplomatie américaine depuis 55 ans.

Condoleezza Rice KadhafiLa secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, s'entretenant avec le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le 5 septembre 2008 à Tripoli © TF1/LCI

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, s'est entretenue vendredi à Tripoli avec le leader libyen Mouammar Kadhafi, une rencontre historique puisqu'il s'agit de la première visite en Libye d'un chef de la diplomatie américaine depuis 55 ans. La rencontre a eu lieu dans un salon d'apparat de la résidence du colonel Kadhafi à Tripoli, un complexe où sa fille adoptive avait été tuée dans un bombardement américain en 1986 sous l'administration du président Ronald Reagan.

Vêtu d'une tenue blanche et d'une écharpe au motif africain, le colonel Kadhafi a serré la main des autres membres de l'importante délégation américaine mais pas celle de Condoleezza Rice, qu'il a saluée la main sur le coeur. Sous l'oeil des caméras et en présence de plusieurs dizaines de journalistes, la chef de la diplomatie américaine et le colonel Kadhafi ont échangé quelques mots au début de leur rencontre. Un entretien puis un dîner de rupture de jeûne du ramadan, le mois sacré de l'islam, devaient suivre.

L'Iran, le terrorisme et le pétrole

Arrivée en fin d'après-midi, la secrétaire d'Etat américaine s'était auparavant entretenue avec son homologue libyen Abdel Rahman Chalgham. Les deux responsables ont notamment discuté de l'Iran, du terrorisme et du pétrole, selon l'agence officielle libyenne Jana. "C'est un moment historique", avait déclaré Condoleezza Rice à Lisbonne, avant de se rendre dans la capitale libyenne. "C'est un début, une ouverture, ce n'est pas la fin de l'histoire", a-t-elle ajouté. "Il y a un long chemin à parcourir. Mais je pense que (cette visite) a démontré que les États-Unis n'ont pas d'ennemis permanents et que lorsque des pays sont prêts à faire des changements stratégiques d'orientation, les Etats-Unis sont prêts à répondre."

Selon le ministre libyen des Affaires étrangères, l'entretien a également porté sur la coopération bilatérale, "notamment dans le domaine du pétrole" et de l'enseignement et "la coopération internationale dans le domaine de la lutte contre le terrorisme". Les dossiers irakien, libanais et palestinien, les "relations américano-syriennes et l'importance du rôle de la Syrie dans le monde arabe", la "nécessité de trouver une issue aux tensions" entre Washington et Téhéran ont aussi été évoqués. Avant son arrivée, Condoleezza Rice avait souligné le "rôle important que la Libye peut jouer - et joue déjà - au Maghreb et au sein de l'Union Africaine" et disait vouloir discuter avec le leader libyen du Soudan "où la Libye joue un rôle important".

A Washington, la Maison Blanche a salué vendredi l'ouverture d'"un nouveau chapitre" dans les relations entre les deux pays. Le président de la Compagnie pétrolière nationale libyenne, Chokri Ghanem, a estimé vendredi que le pétrole serait "la partie la plus importante des relations américano-libyennes". Rompues en 1981 en raison du soutien présumé de la Libye au terrorisme, les relations entre Washington et Tripoli n'ont été rétablies qu'en 2004, après l'annonce par le colonel Kadhafi que son pays renonçait à acquérir des armes de destruction massive. La visite de la secrétaire d'Etat américaine a aussi été rendue possible par la signature le mois dernier d'un accord sur l'indemnisation des victimes américaines et libyennes du conflit qui a opposé les deux pays dans les années 1980.

D'après agence

le 05 septembre 2008 à 22:39
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