Thonier dans l'océan indien © TF1/LCI"Ce qui était une piraterie locale près des côtes se transforme en industrie organisée, à partir vraisemblablement de bateaux mère". Yvon Riva, président d'Orthongel qui regroupe les producteurs de thon congelé, réclame plus que des assurances gouvernementales face à la recrudescence de la piraterie au large des côtes somaliennes, une piraterie qui atteint désormais les zones de pêche au thon qui s'étendent jusqu'au large des Seychelles. Selon lui, depuis ces "bateaux mère", les assaillants lancent désormais des petites vedettes rapides pour aller à l'assaut des navires loin des côtes. Preuve en est l'attaque à la roquette subie ce week-end par un thonier de Concarneau. Cet assaut était le deuxième du genre en trois jours, un navire de pêche ayant subi une agression similaire jeudi soir dans cette zone de l'océan Indien réputée dangereuse. Un navire-citerne affrété par une compagnie japonaise a également échappé de justesse samedi à une attaque de pirates somaliens.
Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, a demandé dimanche à François Fillon d'organiser "une réunion interministérielle d'urgence" à propos de la piraterie maritime, alors que les armateurs français de pêche au thon ont réclamé l'aide de l'armée et une réunion avec les pouvoirs publics à ce sujet. Résolue à faire pression, la CGT des marins du grand Ouest a réclamé plus de moyens pour la protection des navires français face à des actes de piraterie "de plus en plus fréquents". Le syndicat "exige que l'Etat français mette dans les plus brefs délais à la disposition de la Marine nationale tous les moyens nécessaires pour protéger nos marins nationaux, nos navires et tous les navires ayant un lien avec un armateur français".
Quitter la zone de pêche ? Impossible
En attendant, la cinquantaine de navires de pêche européens actifs au large des côtes somaliennes ont décidé de rentrer à leur port d'attache de Mahé, aux Seychelles. Ronan Bargain, capitaine d'un thonier espagnol, s'inquiète : "On est bouté en dehors de notre zone de pêche. Les pirates ont désormais un rayon d'action sur plus de la moitié de cette zone", au moins aussi grande que la France.
Selon lui, les pêcheurs européens sont dans une impasse car ils ne peuvent se priver des ressources de thon de l'ouest de l'océan Indien, qui représentent environ 30% de la ressource mondiale, contre 55% pour le Pacifique et 15% seulement pour l'Atlantique. La vingtaine de navires français qui pêchent le thon albacore et listao dans les eaux tropicales de l'océan Indien emploient près d'un millier de pêcheurs, dont plus de la moitié originaires des pays riverains. A cela, s'ajoutent une trentaine de navires espagnols. Une flotte qu'il serait très difficile, voire impossible de redéployer pour échapper aux pirates.
D'après agence
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