Des milliers de civils fuient les combats dans l'Est du pays © DRLa rébellion avance, l'armée recule, l'ONU intervient, en vain. La situation s'aggrave de jour en jour, voire d'heure en heure en République démocratique du Congo (RDC) de nouveau en proie à la guerre civile depuis plusieurs semaines.
Dans le Nord-Kivu, une province située à l'est du pays, ces combats à l'arme lourde opposent l'armée congolaise (FARDC) appuyée par des hélicoptères de l'ONU aux rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) Laurent Nkunda, qui avancent sur la ville de Goma, la capitale de cette province frontalière avec le Rwanda. Selon des sources militaires et des habitants, les forces armées se sont sauvées mercredi de la ville.
Une rébellion en lien avec le Rwanda ?
Entre les deux, des milliers de civils qui fuient, dans la panique les affrontements sous la protection des casques bleus. Selon le HCR, environ 45.000 personnes ont fui un camp de déplacés emportant matelas, casseroles et chèvres.
Malgré l'ONU, les tirs au mortier continuent d'être échangés mercredi entre l'armée et les rebelles. Selon un commandant des FARDC qui a requis l'anonymat, les hommes du CNDP sont "appuyés par des blindés rwandais qui pilonnent depuis les collines frontalières nos positions". Un appui rwandais à Laurent Nkunda que Kigali dément constamment. Dans ce contexte explosif, le président rwandais Paul Kagame avait refusé mardi une rencontre directe avec son homologue de RDC, Joseph Kabila, assurant que le "problème" concerne "les Congolais", selon Radio Rwanda.
Mercredi, le diplomate en chef de l'Union européenne (UE) Javier Solana a appelé Laurent Nkunda à la "retenue" et s'est dit "extrêmement préoccupé par la détérioration de la situation au Nord-Kivu". Le commissaire européen au Développement Louis Michel était attendu dans la journée en RDC pour une "visite d'urgence".
Mardi soir, le Conseil de sécurité avait examiné, sans prendre de décision, une requête urgente de renforcement en hommes et matériel de la Monuc. 6 000 Casques bleus sur les 17.000 constituant la force sont engagés contre la rébellion dans le Nord-Kivu. La France est favorable à un déploiement européen comprenant jusqu'à 1 500 hommes pour mettre un terme aux violences, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner.
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