L'ultimatum d'Al Qaïda à l'Autriche sur le dite de l'un des principaux médias autrichiens, "Die Presse" (14 mars 2008) © Die PressePlus de huit mois de prise d'otage ont trouvé officielement leur dénouement en cette fin de semaine, lorsqu'un proche de la présidence de la République malienne a annoncé que les deux Autrichiens enlevés dans le sud de la Tunisie étaient désormais "libres et sous la protection de l'armée malienne".
Wolfgang Ebner, 51 ans, et Andrea Kloiber, 44 ans, avaient été enlevés le 22 février alors qu'ils circulaient dans le sud de la Tunisie. Une action revendiquée alors par Al Qaïda au Maghreb, l'ex-GSPC rebaptisé, dont les membres s'étaient empressés de conduire leurs prisonniers dans le nord du Mali. En échange de leur libération, ils avaient exigé la libération de cinq islamistes, dans une lettre parvenue à l'ambassade autrichienne à Alger.
Ce que réclamaient les ravisseurs
Parmi les prisonniers que les ravisseurs souhaitaient voir libérer, figurait Amar Saïfi, dit El Para (le parachutiste), ancien militaire et l'un des principaux "émir" (chef) du Groupe salafiste pour la prédication et le combat, avant son ralliement à Al Qaïda en septembre 2006. Il avait été l'instigateur de l'enlèvement en 2003 dans le Sahara algérien d'un groupe de 32 touristes européens. Dix-sept de ces 32 touristes suisses, allemands et néerlandais avaient été libérés au nord de Tamanrasset, dans l'extrême-sud algérien, par l'armée algérienne et quatorze avaient été libérés le 18 août suivant à Kidal, au Mali, après le versement par Berlin d'une rançon de près de 5 millions d'euros, selon des informations qui n'avaient jamais été confirmées officiellement.
Les ravisseurs avaient également demandé la libération de Bouderbal Fatah, alias Abdelfattah Abou Bassir, "émir" de la brigade spécialisée dans les attentats suicides à Alger. Il avait été arrêté avec des complices en octobre 2007 dans une cache de la banlieue est de la capitale algérienne, avec 800 kg d'explosifs.
Pour obtenir la libération des otages, le dirigeant autrichien d'extrême droite Jörg Haider, décédé depuis lors dans un accident de voiture, avait tenté d'user de sa relation privilégiée avec Seif al-Islam. Le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi s'était impliqué dans le dossier. La Fondation Khadafi, créée par Seif al-Islam, avait déjà joué un rôle important dans le dénouement de plusieurs prises d'otages dans la région. Il avait notamment, selon les médias autrichiens, discuté de la crise avec le président malien alors que les deux hommes se trouvaient en Ouganda. Mais les discussions s'étaient par la suite enlisées sans résultat tangible. Jusqu'à l'annonce, ce vendredi, de la libération des otages, dans des circonstances encore non élucidées. Le ministère autrichien des Affaires étrangères a prévu d'envoyer dans les prochaines heures un avion dans la capitale malienne pour le rapatriement des deux ex-otages dans leur pays.
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