
Une ville abandonnée par l'armée, des civils en fuite et des rebelles qui proclament un cessez-le-feu unilatéral. Telle était la situation mercredi soir en République démocratique du Congo (RDC) de nouveau en proie à la guerre civile depuis plusieurs semaines.
Les combats à l'arme lourde se déroulent dans le Nord-Kivu, une province située à l'est du pays. Ils opposent l'armée congolaise donc (FARDC) appuyée par des hélicoptères de l'ONU aux rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, qui avancent sur la ville de Goma, la capitale de cette province frontalière avec le Rwanda.
45.000 déplacés
Selon des sources militaires congolaises, les FARDC ont quitté Goma pour se replier en direction de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu situé à une centaine de kilomètres plus au sud. Selon l'ONU, les forces régulières, en proie à un "effondrement de la discipline", "se sont livrées au pillage". Mais les rebelles n'ont pas pris le contrôle de Goma, d'où est partie l'armée congolaise, pour autant.
Le cessez le feu unilatéral a été déclaré par le CNDP, pour selon les termes d'un général, ne pas paniquer la population de Goma ainsi que celle qui se trouve dans les camps de déplacés aux environs immédiats de la ville". Les Gomatraciens ont en effet commencé à quitter cette ville d'environ 500.000 habitants. Ceux qui ne fuyaient pas se terraient chez eux. Selon le HCR, il y a quelque 45.000 déplacés.
Le secrétaire général de l'ONU s'est dit "particulièrement alarmé par les informations concernant des échanges de tirs à l'arme lourde de part et d'autre de la frontière entre la RDC et le Rwanda". Selon un commandant des FARDC qui a requis l'anonymat, les hommes du CNDP sont "appuyés par des blindés rwandais qui pilonnent depuis les collines frontalières nos positions". Un appui rwandais à Laurent Nkunda que Kigali dément constamment.
De rares moments de répit
Le bilan des combats demeure difficile à établir. Sept soldats gouvernementaux grièvement blessés ont été évacués vers Goma, a constaté l'AFP, tandis qu'une missionnaire espagnole a dû être amputée des deux jambes après l'explosion d'une bombe.
Les combats, qui ont repris le 28 août en violation d'un cessez-le-feu conclu en janvier, sont une nouvelle poussée de violence dans l'est de l'ex-Zaïre, qui n'a connu que de rares moments de répit depuis le milieu des années 1990.
Le Conseil de sécurité de l'ONU devait se réunir mercredi. L'Union européenne (UE) et les Etats-Unis ont dépêché des émissaires en RDC. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a évoqué un déploiement militaire européen face à une situation "vraiment désespérée", mais le diplomate en chef de l'UE Javier Solana a fait savoir qu'une telle intervention n'était pas d'actualité.
(D'après agence)
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