Réfugiés fuyant les combats dans l'Est de la RDC (30 octobre 2008) © TF1/LCILes présidents rwandais Paul Kagame et congolais Joseph Kabila ont donné leur accord vendredi soir pour participer à un éventuel sommet international sur la crise dans l'est de la RDC, a affirmé vendredi le porte-parole du commissaire européen à l'Aide humanitaire, Louis Michel. Un premier succès pour la diplomatie européenne, qui poursuit ses efforts avec la visite de Bernard Kouchner et David Miliband dans la région. Nicolas Sarkozy a eu vendredi un entretien téléphonique avec son homologue de République démocratique du Congo pour lui annoncer ce déplacement du chef de la diplomatie française, tout en lui faisant part du "soutien total de la France", selon un communiqué de l'Elysée. Mais il s'est également entretenu avec Paul Kagame pour lui indiquer qu'il "partage" ses vues sur "la nécessité de rétablir au plus vite la paix dans la région par la voie du dialogue politique".
Joseph Kabila accuse le Rwanda de soutenir les rebelles du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, ce que Kigali dément. Les autorités rwandaises dénoncent de leur côté l'alliance qui unit selon elles sur le terrain l'armée congolaise aux rebelles hutus rwandais. Dans ce dossier explosif et compliqué, au coeur duquel des milliers de civils sont pris en otages, après avoir été jetés sur les routes par les combats, l'option diplomatique a été privilégiée par l'Union européenne, après le rejet de la proposition française d'envoyer des soldats au Nord-Kivu pour y accomplir une mission humanitaire en appui à la Mission de l'ONU en RDC (Monuc).
"Un massacre comme il n'y en probablement jamais eu en Afrique"
L'annonce d'un possible sommet est survenue alors que le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, et son homologue britannique David Miliband étaient en route pour la RDC et le Rwanda "avec l'espoir de rétablir la paix", selon le chef de la diplomatie française. Avant de partir, ce dernier avait évoqué la nécessité d'arrêter "un massacre comme il n'y en probablement jamais eu en Afrique qui est en train de se dérouler presque sous nos yeux".
Des violences sporadiques secouent la région depuis plus de 10 ans. Les combats entre les rebelles et l'armée, qui ont repris fin août, constituent une nouvelle poussée de cette guerre larvée dans l'est de l'ex-Zaïre, frontalier du Rwanda, qui n'a connu que peu de répit depuis le milieu des années 90. Les guerres de 1996-1997 et 1998-2003 ont commencé dans le Kivu. La dernière a fait au moins 300.000 morts directs et plus de trois millions de victimes indirectes (violences, famine, maladies).
En début de semaine, Laurent Nkunda, dont les hommes se trouvent aux portes de Goma, a proclamé un cessez-le-feu unilatéral. La situation reste cependant très tendue. La présence du ministre britannique, pays allié de Kigali dont il soutient la candidature au Commonwealth, aux côtés de Bernard Kouchner pourrait être précieuse pour Paris, les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda étant rompues depuis novembre 2006. Le chef rebelle n'en a pas moins estimé vendredi que la Belgique était mieux placée que la France pour proposer des solutions pour sortir de la crise. "Ce n'est pas à Kouchner de proposer des solutions. C'est à la Belgique. Elle connaît bien les problèmes de la région", a-t-il déclaré dans un entretien audio diffusé dans le journal du soir de la chaîne de télévision privée belge RTL-TVI. La Belgique est l'ancienne puissance coloniale de la RDC, tandis que la France est accusée par le Rwanda d'être impliquée dans le génocide de 1994, essentiellement dirigé contre les Tutsis.
D'après agence
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