La situation humanitaire est effroyable dans le Nord-Kivu où plus d'un million de personnes ne vivent plus chez elles © TF1/LCILes travaux se tiennent dans un hôtel cossu à la périphérie de la capitale kényane. Le sommet international sur les moyens de régler le conflit dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) qui menace de provoquer un désastre humanitaire a débuté vendredi à Nairobi en présence du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Y participent les présidents congolais Jospeh Kabila et rwandais Paul Kagame ainsi que plusieurs autres chefs d'Etat africains. Première étape de ce sommet : des entretiens bilatéraux entre les participants, avant une séance plénière au cours de laquelle Ban Ki-moon devait prononcer un discours sur la crise.
La rébellion congolaise de Laurent Nkunda, qui a par avance jugé inutile le sommet de Nairobi, a infligé jeudi un nouveau revers majeur à l'armée de la RDC en s'emparant d'au moins une nouvelle localité de l'est du pays, Nyanzale. Avant l'ouverture des débats à Nairobi, Kudura Kasongo, porte-parole de Kabila, a accusé vendredi les rebelles de Laurent Nkunda d'avoir commis des "tueries" dans le Kivu et dénoncé l'inaction de la Monuc face à ces exactions. Il a également une nouvelle fois accusé le Rwanda d'être impliqué dans le conflit dans le Kivu. "Il faut que le Rwanda cesse d'intervenir dans le problème congolais. Le Rwanda est impliqué dans les violences actuelles", a-t-il affirmé.
L'ONU "extrêmement préoccupée"
Jeudi l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé les rebelles de Laurent Nkunda et les miliciens pro-gouvernementaux Maï-Maï d'avoir "délibérément" tué des civils lors de combats dans le Kivu. La Mission de l'ONU en RDC (Monuc) s'est dite "extrêmement préoccupée" par des rapports qui "concernent des exactions graves contre des civils, y compris des exécutions sommaires" qui auraient été perpétrées par les rebelles dans une autre localité de l'Est, Kiwanja. "Les Casques bleus de l'ONU dans l'est de la RDC sont tout simplement incapables de protéger des civils qui sont délibérément visés", a par ailleurs déploré HRW, qui cite l'un de ses experts sur l'Afrique, Anneke Van Woudenberg.
Sur place, des tirs soutenus ont été entendus vendredi en fin de matinée près d'un camp de déplacés à Kibati, dans l'est du pays. L'origine des tirs et les groupes impliqués n'étaient pas immédiatement établies. Des milliers de personnes ont pris la fuite, essentiellement en direction de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu située 12 km plus au sud. La rébellion de Laurent Nkunda est positionnée depuis le 29 octobre à une quizaine de kilomètres de Goma, où vivent un demi-million de personnes.
D'après agence
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