De nouveaux combats dans l'Est

le 04 novembre 2008 à 20h27 , mis à jour le 04 novembre 2008 à 21h19

Après une accalmie, ils ont opposé mardi les rebelles de Laurent Nkunda à des miliciens pro-gouvernementaux. L'ONU va renforcer ses troupes.

Réfugiés fuyant les combats dans la région de Goma (RDC) fin octobre 2008La situation humanitaire est effroyable dans le Nord-Kivu où plus d'un million de personnes ne vivent plus chez elles © TF1/LCI

Les accrochages ont duré quelques heures. Des combats ont opposé mardi les rebelles  congolais de Laurent Nkunda à des miliciens pro-gouvernementaux après une  accalmie de cinq jours dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
 
Ces accrochages sont les premiers depuis l'instauration par  les rebelles mercredi d'un cessez-le-feu unilatéral. Ils sont survenus que le  tout nouveau Premier ministre congolais Muzito, est arrivé à Goma pour  une tournée de trois jours dans l'est dans le but de "réconforter" la  population.
 
Les rebelles de Laurent Nkunda se sont opposés plusieurs heures à des  miliciens locaux d'autodéfense Maï-Maï, issus de différentes ethnies et alliés  de l'armée congolaise, au niveau de Kiwanja, au nord  de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu. Une petite base de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a été "prise  au milieu de tirs croisés" des troupes du Congrès national pour la défense du  peuple (CNDP de Laurent Nkunda) et des Maï-Maï.
 
2,5 millions de personnes menacées par les épidémies
 
Le 29 octobre, la rébellion de Laurent Nkunda, dont les hommes sont postés à  une quinzaine de kilomètres de Goma, avait décrété un cessez-le-feu unilatéral,  après avoir infligé une défaite cuisante à l'armée régulière. Lundi, elle a  menacé de chasser le gouvernement, car il rejette l'idée de négociations  directes.
 
Dans ce contexte explosif, le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des  opérations de maintien de la paix a annoncé que la Monuc était  "en train de renforcer (sa) présence à Goma". Au total 5.500 soldats de la paix sont déployés dans le Nord-Kivu, sur un  total de 17.000 dans le pays.
 
L'instabilité récurrente depuis le milieu des années 90 dans cette région,  frontalière notamment du Rwanda, de l'Ouganda et du Soudan, et très riche en  minerais, menace une fois de plus la stabilité de la RDC et de  l'Afrique centrale. Les autorités congolaises accusent le Rwanda de soutenir la rébellion de  Laurent Nkunda, un général congolais déchu, ce que Kigali dément.
 
En raison de l'instabilité récurrente dans la région des Grands Lacs, la  situation humanitaire est effroyable dans le Nord-Kivu où plus d'un million de  personnes ne vivent plus chez elles, dont 100.000 déplacées par les combats de  la semaine dernière. Plusieurs milliers d'entre elles se terrent dans les forêts, dorment à la  belle étoile et dépendent entièrement de l'aide humanitaire, qui avait été  paralysée la semaine dernière au plus fort des combats et qui reprend  progressivement depuis lundi. Selon l'OMS, 2,5 millions le nombre de personnes menacées par des épidémies de  choléra et de rougeole.
 

(D'après agence)

le 04 novembre 2008 à 20:27
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