Le président de Guinée-Bissau, Joao Bernardo Vieira (15 février 2007) © www.abacapress.comDes militaires ont attaqué dimanche la résidence du président de Guinée-Bissau, Joao Bernardo Vieira, une semaine après des élections législatives censées apporter la stabilité à ce petit pays d'Afrique de l'ouest, plaque tournante du trafic de cocaïne sud-américaine vers l'Europe. L'Union africaine a "par avance" rejeté "toute tentative de prise de pouvoir par la force" dans cette ancienne colonie portugaise, classée parmi les pays les plus pauvres du monde et très instable politiquement. Quant au président bissau-guinéen, il s'est voulu rassurant, en affirmant au président de la Commission de l'Union Africaine, lors d'une conversation téléphonique, que la mutinerie de militaires contre lui avait échoué. Mais la situation demeure précaire.
A Bissau, l'opération a été menée par un groupe de militaires qui a attaqué en pleine nuit des éléments de la police d'intervention rapide chargés, depuis la tentative de coup d'Etat du 6 août, de la sécurité du chef de l'Etat. Deux heures plus tard, des coups de feu ont été entendus près de la caserne de Mansoa, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale, une des plus importantes du pays. Bilan de ces opérations : un mort parmi les assaillants lors de l'attaque de la résidence présidentielle, et trois arrestations, la police d'intervention rapide comptant trois blessés dans ses rangs. Apparemment, ce raid visait un dépôt d'armes situé dans la résidence du président. Et il semble avoir au moins en partie réussi : si l'état-major de l'armée assurait dimanche que la situation était "sous contrôle", il a dû reconnaître que malgré leurs pertes, les assaillants ont pu emporter "une importante quantité d'armes, dont des lance-roquettes".
L'Union africaine exprime sa "très grave préoccupation"
Dès le début des troubles, le président bissau-guinéen a téléphoné à son homologue et voisin, le chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade, qui a alerté la communauté internationale. "Le président Wade a immédiatement informé la Cedeao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest, qui représente 15 Etats), le président de la commission de l'Union africaine (Jean Ping) et les représentants de grandes puissances à Dakar", a indiqué le porte-parole du chef de l'Etat sénégalais. Le président Wade est "en contact permanent avec le président Vieira et a mis, le cas échéant, un avion à sa disposition".
A Addis-Abeba, le président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping a exprimé sa "très grave préoccupation" quant à "la dégradation de la situation" en Guinée-Bissau. Il a rappelé que le scrutin du 16 novembre s'était déroulé "dans des conditions jugées satisfaisantes par l'ensemble des observateurs internationaux, y compris ceux de l'UA".
Selon des résultats provisoires publiés vendredi, l'ex-parti unique de Guinée-Bissau, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap vert (PAIGC), qui a dominé la vie politique depuis l'indépendance en 1974, a remporté sans surprise le scrutin avec 67 sièges sur 100. Or cette formation est dirigée par l'ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior, qui entretient de mauvaises relations avec le chef de l'Etat. Les résultats définitifs doivent être proclamés mercredi.
D'après agence
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