© TF1-LCIL'affrontement avait eu lieu la semaine dernière, mardi soir. La frégate INS Tabar, déployée par la marine indienne dans le golfe d'Aden dans le cadre de la lutte antipiraterie, avait été la cible de tirs provenant d'un "bateau-mère" pirate, avant de riposter. Les autorités militaires indiennes avaient alors annoncé que le navire de pirates avait été coulé. Erreur, assure depuis lors le Bureau maritime international : il s'agissait d'un navire thaïlandais - navire de pêche ou cargo, selon les versions. La marine indienne, pour sa part, maintient sa version et assure qu'il s'agissait bien d'un navire de pirates...
L'explication de cette tragique méprise, s'il y a bien eu méprise, pourrait être toute simple : le navire détruit avait été capturé par des pirates au large du Yemen le 18 novembre, selon Noël Choong, directeur du Centre d'observation de la piraterie du BMI basé à Kuala Lumpur. La frégate indienne aurait bien essuyé des tirs de la part des pirates qui avaient pris place à bord. D'où la riposte, se traduisant par la destruction du navire capturé par les pirates, mais aussi par la mort des marins retenus à bord. Bilan de l'opération, selon le propriétaire thaïlandais du navire : sur les 16 membres d'équipage, l'un est mort, un autre a été sauvé et 14 sont officiellement "portés disparus".
Les pirates, un ennemi insaisissable
Ce dernier drame illustre une nouvelle fois l'expansion de l'activité des pirates au large de la Somalie, et la difficulté des bâtiments militaires déployés de plus en plus nombreux à traquer un ennemi insaisissable. Il y a à peine trois ans, les experts de la sécurité maritime estimaient à cinq seulement les bandes de pirates dans la région, regroupant difficilement une centaine de "flibustiers". Aujourd'hui, les "gros bras" avides de se lancer à l'assaut des bateaux marchands seraient plus de 1200.
Pour certains spécialistes de la région, l'essor de cette piraterie trouve en grande partie ses racines dans le trafic ancestral et la contrebande endémique qui sévissent dans le golfe d'Aden, au large du Yémen. D'autres experts expliquent cette explosion des détournements de navires par la colère d'anciens miliciens de la garde-côte, furieux de voir de chalutiers européens, notamment des thoniers, fondre sur la région pour piller illégalement les zones de pêche dans les eaux territoriales somaliennes. Certains évoquent même des déversements clandestins de déchets toxiques au large des côtes pour expliquer le ras-le-bol des populations locales.
Mais au coeur du problème reste le système des rançons, qui selon les autorités kényanes aurait permis aux pirates d'empocher plus 150 millions de dollars cette année. De nombreux jeunes hommes engagés dans les milices qui se disputent depuis près de vingt ans le pouvoir en Somalie ont préféré se tourner vers la piraterie, qui rapporte plus et présente relativement moins de risques. Plus inquiétant, certains spécialistes de la région redoutent un rapprochement entre ces pirates et les militants islamistes qui contrôlent le sud du pays et espèrent reprendre prochainement le contrôle de la capitale, Mogadiscio. Ces derniers, pour leur part, nient tout rapport avec les "flibustiers".
D'après agences
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