Le "Sirius star" © TF1/LCI"Nous demandons 25 millions de dollars aux propriétaires saoudiens du pétrolier. Nous ne voulons pas de discussions qui s'éternisent pour régler cette affaire". Cela a le mérite d'être clair. Les pirates somaliens à bord du superpétrolier saoudien Sirius Star ont réclamé jeudi une rançon de 25 millions de dollars. "Les Saoudiens ont 10 jours pour satisfaire" cette demande, "sinon nous agirons d'une manière qui pourrait être désastreuse", a précisé l'un d'entre eux.
Les pirates ont capturé samedi le superpétrolier, chargé de deux millions de barils de brut, soit l'équivalent de 300.000 tonnes de pétrole. Le bateau, dont la cargaison vaut environ 100 millions de dollars, est ancré depuis mardi devant un de leurs repaires, le petit port d'Harardere, à 300 km au nord de Mogadiscio.
17 navires toujours aux mains des pirates
Mercredi, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, avait déjà fait état de négociations. "Je sais que les propriétaires du pétrolier négocient. Nous n'aimons pas négocier avec les terroristes ou avec les preneurs d'otages. Mais les propriétaires du pétrolier sont les arbitres en dernier lieu de ce qui se passe là-bas", avait-il expliqué.
La capture du Sirius Star, long de 330 mètres, est l'opération de piraterie la plus spectaculaire menée dans cette zone de l'Océan indien. Selon le Bureau maritime international (BMI), 94 bateaux ont été attaqués par des pirates somaliens depuis janvier. Trente huit navires ont été saisis dont 17 sont toujours aux mains des pirates avec 250 membres d'équipage.
"Le phénomène menace la navigation"
Plusieurs pays ont déjà dépêché des navires de guerre au large de la Somalie pour lutter contre les bandits des mers, qui continuent cependant de capturer des bateaux pour obtenir des rançons. La multiplication des attaques des pirates inquiète également les pays riverains de la mer Rouge, car elle risque d'entraîner une diminution du trafic maritime.
Réunis jeudi au Caire, des responsables égyptiens, jordaniens, saoudiens, soudanais et yéménites ont envisagé "toutes les options" pour lutter contre la piraterie, selon le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères. "Le phénomène menace la navigation dans la mer Rouge et amène certains bateaux à choisir d'autres routes", s'est-il alarmé. L'Egypte tire d'importants revenus du trafic maritime dans le canal de Suez. L'Union africaine (UA) a pour sa part rappelé que l'explosion de la piraterie n'est que la conséquence du chaos régnant en Somalie depuis le début d'une guerre civile en 1991. La fin de la piraterie passe par le retour à la paix, a souligné le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, en redemandant l'envoi d'une force de paix de l'ONU dans le pays.
| Des combattants somaliens affluent dans la crainte d'une attaque |
Une centaine de combattants soutenant les pirates somaliens qui ont capturé le superpétrolier saoudien Sirius Star ont afflué jeudi dans le petit port d'Harardere où le bateau est ancré, dans la crainte d'une attaque visant à le libérer, ont indiqué des habitants. Ils se sont rassemblés dans le port d'Harardhere - situé à environ 300 km au nord de la capitale Mogadiscio - et dans ses environs, dans la crainte que des forces anti-pirates ne lancent une opération pour délivrer le bateau ancré dans ce port, devenu la capitale mondiale de la piraterie. "Certains d'entre eux sont dans la ville tandis que d'autres se sont abrités dans un village voisin où ils peuvent être appelés s'il y a besoin", a raconté un habitant. "D'autres miliciens doivent encore arriver pour soutenir leurs frères", a déclaré un autre. |
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