Les rebelles ne veulent plus "tuer" les otages

le 01 novembre 2008 à 10h22 , mis à jour le 01 novembre 2008 à 21h24

Le quai d'Orsay, prudent jusqu'alors, estime "de plus en plus crédible" que les 10 otages, dont 6 Français, soient aux mains du groupe rebelle "Bakassi Freedom Fighters".

Le Bourbon SagittaLe Bourbon Sagitta © Image Bourbon

Ils ne vont plus "les tuer".  Le chef des Bakassi  Freedom Fighters, qui assure détenir 10 otages dont 6 Français enlevés vendredi  à Bakassi, a affirmé samedi depuis Libreville que son groupe avait "changé d'avis" et qu'il renonçait à les exécuter. "Il  n'y a plus d'ultimatum. Mais nous ne les relâcherons pas jusqu'à ce que nous obtenions ce que nous  voulons : parler avec le gouvernement camerounais. Nous voulons les  voir et leur parler", a-t-il déclaré. "Les otages sont bien traités et nous continuerons à bien les traiter",  a-t-il précisé.

La France, prudente jusqu'alors, estime qu'il est "de plus en plus crédible" que les BFF détiennent bien les 10 otages. C'est ce qu'a reconnu samedi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Eric Chevallier. Selon lui, le fait "que les ravisseurs ne veulent plus tuer les otages, c'est un soulagement parce que les déclarations d'hier étaient préoccupantes". Mais l'identité des preneurs d'otages n'est toutefois pas encore formellement établie : "on était prudent sur la réalité de ces revendications hier, on reste prudent aujourd'hui", a assuré le porte-parole.

Des motivations qui restent floues

Les motivations des ravisseurs restent en tout cas floues. Vendredi, un des chefs rebelles avait parlé "d'autodétermination" mais selon des sources proches des militaires camerounais, ils chercheraient surtout des "compensations financières". Ce qu'a démenti samedi le leader des Bakassi Freedom Fighters, joint par Europe 1 : "On ne veut pas d'argent, on ne veut pas d'argent, ça c'est faux", a-t-il affirmé. Il a également mis en garde les autorités contre une intervention militaire : "Si le Cameroun vient pour ça, ah... Là, ça va aller mal pour nos otages. Ils vont tous mourir. S'il essaie, il sait très bien qu'on va le faire, il nous connaît, il ne peut pas faire ça".

Le gouvernement camerounais, qui a affirmé vendredi "mettre tout en oeuvre" pour la libération des otages, a dépêché sur place le ministre chargé des Relations avec le Commonwealth, Joseph Dion Ngute, spécialiste du secteur. Il avancera en terrain miné : la péninsule de Bakassi, dont les eaux sont potentiellement riches en pétrole et gaz, est une région de mangrove instable où de nombreux groupes armés sont actifs. Elle a été rétrocédée au Cameroun par le Nigeria le 14 août après quinze ans d'un différend frontalier.

En ce qui concerne les cinq autres membres d'équipage du Bourbon Sagitta, qui n'ont pas été enlevés, ils ont convoyé le bateau assailli par les ravisseurs jusqu'à Douala où il est arrivé samedi dans la matinée. Ils ont été accueillis par une équipe de spécialistes de ce genre de situation envoyée par Total et Bourbon.

D'après agence

le 01 novembre 2008 à 10:22
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1 Commentaires

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  • Paul, le 01/11/2008 à 10h52

    Ils ont reçu le mandat du quai d Orsay

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