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Tentative de putsch à Madagascar en plein référendum ?
Alors que le pays votait ce mercredi pour adopter ou non un référendum constitutionnel visant à légitimer le pouvoir du président Andry Rajoelina, une vingtaine d'officiers ont affirmé vouloir renverser le régime. La situation était néanmoins calme à Antananarivo, la capitale.
Publié le 17/11/2010
La crise malgache s'envenime et fait de nouvelles victimes. Samedi, des policiers anti-émeutes ont tiré sur un groupe de partisans de Andry Rajoelina, maire déchu de la capitale de Madagascar, qui se dirigeaient vers un des bureaux du président malgache Marc Ravalomanana à Antananarivo. Selon un nouveau bilan rendu public dimanche par les autorités, au moins 28 personnes ont été tuées et 212 autres blessées. Ces décès portent à au moins 96 le nombre de personnes mortes dans les violences, pillages et émeutes qui ont émaillé depuis le 26 janvier le bras de fer entre l'opposant Rajoelina et le président Ravalomanana. Dimanche, un calme relatif semblait retombé sur la capitale du pays.
Ces manifestants arrivaient de la place du 13-Mai, lieu historique de la contestation politique situé au coeur d'Antananarivo, où au moins 20.000 personnes ont assisté à un nouveau rassemblement de l'opposition qui a abouti à la mise en place d'une Autorité de transition visant à destituer le président en place. Andry Rajoelina a été nommé à la tête de cette "Haute Autorité de transition". Il a de suite nommé "son" Premier ministre, Roindefo Monja, un homme politique de Tulear (sud-ouest). Ce dernier sera chargé d'un "gouvernement d'unité nationale où toutes les régions seront représentées", a déclaré Andry "TGV", le surnom que lui ont donné ses supporters pour son caractère fonceur.
"Profond malaise dans la société malgache"
Ce dernier, destitué mardi de son mandat de maire par les autorités, a engagé des procédures de destitution de M. Ravalomanana. La Haute Cour Constitutionnelle s'est d'ores et déjà déclarée incompétente. Le maire de la capitale malgache s'est proclamé il y a une semaine à la tête des affaires du pays. Le président Ravalomanana a réaffirmé dans la foulée qu'il demeurait le chef de l'Etat.
Alors que la crise semble s'installer pour de bon sur la Grande Ile, la communauté internationale peine pour le moment à convaincre les protagonistes à dialoguer. Vendredi, l'Union européenne (UE) a considéré que le retour à la situation d'avant la crise n'était "pas envisageable". "Le mouvement de protestation, de mécontentement qui s'exprime dans les rues prouve qu'il y a un profond malaise dans la société malgache", a déclaré Marie-Claire Gérardin, la chargée d'affaires de la France à Madagascar lors d'une conférence de presse de l'UE. "C'est en ce sens que nous appelons au dialogue", a-t-elle ajouté. Les Etats-Unis tiennent sensiblement le même discours.
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