© Reuters/L. Larbi"Votez contre nous, votez même avec un bulletin blanc, mais votez". Jeudi, lors de sa première réunion publique pour l'ouverture de la campagne présidentielle, Abdelaziz Bouteflika, le président algérien sortant, a lancé un appel que seul un candidat sûr d'être élu comme lui peut se permettre. Il est en effet rare de demander à ses concitoyens de voter contre soi-même. L'explication est simple : Abdelaziz Bouteflika, qui a obtenu le droit de se présenter une troisième fois après une modification de la Constitution taillée sur mesure, est certain de rester en poste le 9 avril.
Jugés pour avoir choisi le christianisme
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Publié le 25/06/2008
Cependant, comme tous les Algériens ne sont pas d'illusion sur le caractère "démocratique" d'un scrutin que les principaux opposants boycottent, l'abstention risque d'être massive. Pour asseoir sa légitimité, Abdelaziz Bouteflika doit donc obtenir le plus haut taux de participation possible. Et faire en sorte que les autres "candidats" -ils sont cinq cette année- soient crédités d'un petit pourcentage. D'où cet appel à la mobilisation, relayée notamment par de nombreux SMS envoyés par le gouvernement.
Poursuivre la réconcilation
Vainqueur sans adversaire en 1999, réélu en 2004 avec près de 85% des voix, Abdelaziz Bouteflika, âgé de 72 ans, se prévaut de son bilan et fait campagne sur le thème de la stabilité et de la continuité, avec pour slogan : "Pour une Algérie forte et sereine". Il promet ainsi de poursuivre sa politique d'investissements publics, avec un plan de 150 milliards de dollars sur cinq ans, et de continuer à œuvrer pour la réconciliation nationale.
Si les islamistes entreprennent encore des actions ponctuelles dans certaines régions contre les forces de l'ordre, la politique mise en œuvre au début des années 2000 a en effet mis fin à dix ans de violences qui ont fait 150.000 morts. Mais les analystes jugent néanmoins qu'il sera difficile de réduire totalement le noyau dur de l'insurrection et d'assurer la stabilité à long terme du pays si le gouvernement ne parvient pas à renouer le lien avec les jeunes qui considèrent les autorités comme déconnectées des réalités -le taux de chômage s'élève officiellement à 11% mais il est estimé à plus de 70% pour les moins de 30 ans.
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