Manifestation contre le régime à Madagascar. © TF1/LCIEntre le président Ravalomanana et le leader de l'opposition malgache, Andry Rajoelina, le conflit, à l'origine larvé, menace de plus en plus de tourner à la guerre civile, entraînant toute l'île. Le bras de fer s'est transformé en crise ouverte mi-décembre. Depuis, Andry Rajoelina a multiplié les manifestations dans la capitale malgache, Antananarivo, dont il était alors maire, et s'est autoproclamé en charge des affaires du pays. La violence a véritablement débuté le 26 janvier et une centaine de personnes sont mortes depuis lors entre les manifestations, les pillages, les incendies de boutiques et les répressions.
Tentative de putsch à Madagascar en plein référendum ?
Alors que le pays votait ce mercredi pour adopter ou non un référendum constitutionnel visant à légitimer le pouvoir du président Andry Rajoelina, une vingtaine d'officiers ont affirmé vouloir renverser le régime. La situation était néanmoins calme à Antananarivo, la capitale.
Publié le 17/11/2010
Destitué, visé par une tentative d'arrestation et craignant pour sa sécurité, Rajoelina doit désormais vivre caché. L'ONU l'a pris sous son aile, lui permettant de s'abriter dans une résidence diplomatique - il est notamment passé par l'ambassade de France, avant de repartir pour une destination inconnue alors qu'éclataient à proximité des affrontements entre ses partisans et ceux du président. Il pourrait se rendre à l'ambassade des Etats-Unis ou à la résidence de l'ambassadeur américain. Et l'armée, traditionnellement légitimiste mais dont les soldats ont été choqués par la répression, menace de prendre les choses en main alors que les troubles, qui se poursuivent, ont encore fait mardi une vingtaine de blessés au moins.
L'ex-maire de la capitale placé sous protection de l'ONU
C'est donc un véritable ultimatum qu'a lancé le chef d'état-major malgache. "Si une solution n'est pas trouvée d'ici 72 heures, alors nous, les forces armées, nous allons prendre nos responsabilités pour faire fonctionner les affaires nationales, pour préserver les intérêts supérieurs de la Nation et l'unité nationale", a prévenu mardi le général de brigade Edmond Rasolofomahandry, qui a dit s'exprimer au nom de l'ensemble des forces armées. Pour sa part, le ministre de la Défense, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo, a annoncé sa démission devant la presse réunie à son ministère. Quant au président Ravalomanana, dans un signe d'apaisement, il est intervenu peu après sur la télévision nationale en reconnaissant "avoir fait des erreurs" et en se disant "prêt à écouter".
Signe des tensions qui agitent l'armée elle-même, le camp CAPSAT (Corps d'administration du personnel et des services de l'armée), considéré comme le "poumon de l'armée malgache" et situé à environ six kilomètres du centre d'Antananarivo, a vu ses accès bloqués dimanche par des mutins protestant contre les violences accompagnant la répression. Et lundi, l'un des responsables du camp a appelé les forces de l'ordre du pays à rejoindre son mouvement.
Des assises nationales pour trouver une issue à la crise doivent se tenir de jeudi à samedi dans la capitale malgache. Les représentants du président et de l'ex-maire d'Antananarivo, mais aussi de la police, de l'armée, du secteur économique devraient y participer à l'appel de l'influent Conseil chrétien des églises à Madagascar, acteur de la médiation dans la crise, et de l'ONU. Selon le représentant des Nations unies dans la médiation malgache, le président Ravalomanana a promis, quasiment à la veille de cette réunion, qu'il "garantissait la sécurité de M. Andry Rajoelina et de ses collaborateurs".
D'après agences
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