© ReutersSituation confuse à Madagascar. L'opposition a pris le contrôle samedi du siège du gouvernement à Antananarivo et son chef Andry Rajoelina a affirmé "commander" l'armée et exigé la démission du président Marc Ravalomanana.
Tentative de putsch à Madagascar en plein référendum ?
Alors que le pays votait ce mercredi pour adopter ou non un référendum constitutionnel visant à légitimer le pouvoir du président Andry Rajoelina, une vingtaine d'officiers ont affirmé vouloir renverser le régime. La situation était néanmoins calme à Antananarivo, la capitale.
Publié le 17/11/2010
Dans un entretien samedi soir à l'AFP, Andry Rajoelina, qui avait donné quatre heures au président pour quitter le pouvoir, n'a pas dit ce qu'il comptait faire précisément après l'expiration de son ultimatum, alors que l'armée a pour le moment exclu de marcher sur le palais présidentiel où se trouve le chef de l'Etat. "Nous ne voulons pas la violence", a dit Rajoelina qui a menacé de traduire en justice son rival "par rapport aux actes qu'il a commis".
L'UE préoccupée
Escorté de militaires, un cabinet de l'opposition nommé pour remplacer le gouvernement s'est emparé dans la matinée de la Primature désertée. Rajoelina, 34 ans, a ensuite demandé au président de quitter le pouvoir lors d'un meeting. "Il n'y a pas d'autres solutions que la démission de Ravalomanana dans les quatre heures à venir", a-t-il lancé lors de sa première apparition publique depuis le 3 mars. L'opposant, destitué début février de son poste de maire d'Antananarivo, vivait caché depuis le 5 mars après une tentative d'arrestation.
Dans un communiqué, la présidence et le gouvernement ont répliqué que le pouvoir était toujours entre les mains de M. Ravalomanana. Le mouvement de l'opposition est "une manifestation de rue, qui utilise la terreur et la répression pour survivre. Une auto-proclamation ne donne pas de pouvoir légal", déclarent-ils dans ce communiqué, alors que l'armée, la gendarmerie et la police ont basculé dans la défiance au président. L'opposition, qui a pris l'"engagement" d'organiser des élections générales d'ici 24 mois, a aussi reçu samedi le soutien du président de l'Assemblée nationale et ex-Premier ministre de Ravalomanana.
L'opposition accuse Ravalomanana d'avoir "manqué à ses obligations constitutionnelles", luireprochant notamment "la tuerie" du 7 février et l'utilisation du pouvoir "au profit d'intérêts purement privés et personnels". La Commission européenne s'est déclarée "sérieusement préoccupée" par la crise.
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