© ReutersAprès s'être rendu en Erythrée, en Egypte et en Libye la semaine dernière, Omar el-Béchir, le président soudanais sous le coup d'un mandat d'arrêt délivré le 4 mars par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, continue de défier la communauté internationale. Il est effet présent au Qatar pour assister à la conférence annuelle de la Ligue arabe. Il y a été accueilli par l'hôte du sommet, l'émir du Qatar, le cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani.
A Doha, il devrait notamment croiser... le secrétaire général de l'Onu. Malgré la présence d'Omar el-Béchir, Ban Ki-moon a en effet décidé de maintenir sa présence. "Le Soudan est un pays membre des Nations unies alors que la CPI est un organisme judiciaire indépendant qui n'interdit pas à l'Onu de traiter avec le Soudan", explique un responsable des Nations unies. L'argument peut néanmoins être contesté puisque la CPI a été créée par le Traité de Rome du 17 juillet 1998 signé par la Conférence diplomatique de plénipotentiaires de l'Onu.
Dans un discours prononcé lors de la séance d'ouverture, Omar el-Béchir a demandé à ses pairs "des résolutions claires et fortes rejetant la décision de la CPI et réclamant de celui qui l'a ourdi de l'annuler". Lors des travaux préparatoires du sommet, des pays arabes avaient exprimé leur solidarité avec Omar el-Béchir. "La pression exercée sur le Soudan est inacceptable", lance ainsi Bahreïn, ajoutant que les pays arabes "soutiennent le Soudan frère, confronté à une épreuve liée à une affaire de guerre civile qui n'est ni la première ni la dernière" au monde. Bref, les affirmations du procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, resteront vraisemblablement lettre morte cette semaine. "Il n'y pas d'immunité pour Omar el-Béchir. Dès qu'il voyagera dans l'espace aérien international, il pourra être arrêté", avait-il prévenu le 4 mars.
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