Darfour : un véhicule de Médecins sans FrontièresLes trois humanitaires occidentaux, enlevés mercredi soir au Darfour, ont-ils bien été libérés comme annoncé vendredi soir par le ministère italien des Affaires étrangères ? Apparemment non. Selon un responsable du ministère soudanais des Affaires étrangères, les trois employés occidentaux de Médecins sans frontières sont toujours otages au Soudan, mais leur libération serait proche. "Je peux vous assurer qu'ils vont bien, qu'ils sont tous sains et saufs. Nous attendons leur libération dans les heures qui viennent", a déclaré Youssef Ahmed, chef du protocole du ministère. De son côté, Médecins sans Frontières dit n'avoir aucun contact avec les trois humanitaires. "Rien n'a changé depuis hier soir", a déclaré Koen Baetens, porte-parole de la section belge de MSF.
Les trois humanitaires occidentaux - un Français, un Italien et une Canadienne - ainsi qu'un Soudanais avaient été enlevés mercredi à Saraf Umra, dans le secteur de Kabkabiya, à la lisière du Darfour-Nord et du Darfour-Sud, à une centaine de kilomètres à l'est du Tchad voisin. Selon le gouverneur du Darfour-Nord, Osmane Mohammed Yousif Kibir, les ravisseurs, qui n'ont pas été identifiés, avaient demandé une rançon. Mais l'un des principaux groupes rebelles du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité, a accusé un chef de milice arabe, traditionnellement allié du gouvernement de Khartoum, d'être responsable du rapt.
"Une pression énorme"
Vendredi soir, le ministère italien des Affaires étrangères avait annoncé que les trois humanitaires avaient été libérés sains et saufs, citant des sources gouvernementales soudanaises. Un peu plus tard dans la nuit, il avait toutefois indiqué "qu'en l'absence de contacts entre MSF et ses membres", il cherchait encore à vérifier ses informations. Le Canada et la France avaient également indiqué vendredi soir avoir été "informés" par Khartoum de la libération des otages, mais ne pas être en mesure de confirmer l'information. Même chose pour des responsables de MSF à Bruxelles et Nairobi. Selon des sources italiennes de MSF citées par l'agence de presse italienne Ansa, les trois Occidentaux et leur collègue soudanais ont été relâchés vendredi sans qu'aucune rançon ne soit payée. "Il y a eu une pression énorme pour leur libération", avait commenté l'une des sources de MSF.
L'enlèvement est survenu alors que les relations sont tendues entre Khartoum et l'Occident après l'expulsion de 13 des plus importantes ONG actives au Darfour, où la guerre civile a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU. Khartoum chiffre le nombre des morts à 10.000. Ces expulsions sont la réponse de Khartoum au mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale contre le président Omar el-Béchir pour crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour. L'ONU estime déjà à plus d'un million le nombre de personnes affectées par l'expulsion des ONG. Un chiffre que conteste Khartoum, qui assure être en mesure de "combler le vide" laissé par le départ des ONG qui mettaient en oeuvre des programmes de l'ONU, comme la distribution des denrées alimentaires.
(D'après agence)
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