Le président de Guinée-Bissau, Joao Bernardo Vieira, tué par l'armée début mars 2009 © TF1/LCILe président de Guinée-Bissau, Joao Bernardo Vieira, a été tué par des militaires lundi à Bissau, quelques heures après l'assassinat du chef d'état-major de l'armée, plongeant dans la confusion ce petit pays pauvre d'Afrique de l'Ouest déjà fragilisé par le narcotrafic. Joao Bernardo Vieira (dit "Nino"), 69 ans, avait passé quasiment 23 ans à la tête de la Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise située entre le Sénégal et la Guinée. Il avait été réélu à la présidence en 2005, six ans après la fin de la guerre civile de 11 mois (1998-99) qui l'avait chassé du pouvoir. Face aux condamnations de la communauté internationale qui se sont élevées après sa mort, émanant aussi bien du Portugal que de l'Union africaine ou de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, les officiers de l'état-major ont très rapidement affirmé que l'armée "respectera l'ordre constitutionnel et la démocratie". Le président par intérim de Guinée-Bissau, Raimundo Pereira, a prêté serment mardi devant les députés de l'Assemblée nationale.
Les violences avaient débuté dimanche avec un attentat à l'explosif visant le quartier général de l'armée, et qui avait coûté la vie au chef d'état-major, le général Tagmé Na Waié. Dans la nuit, elles ont visé le domicile du chef de l'Etat. Selon le responsable des relations extérieures de l'armée, qui a accusé le président d'avoir été "l'un des principaux responsables de la mort de Tagmé", Vieira "a été tué par l'armée au moment où il tentait de fuir sa maison attaquée par un groupe de militaires proches du chef d'état-major Tagmé Na Waié".
Accusations croisées de tentatives d'assassinat
Ces derniers mois, le chef des armées et le président nourrissaient une profonde défiance réciproque. Début janvier, le général Tagmé Na Waié avait affirmé avoir échappé à une tentative d'assassinat et avait accusé le clan présidentiel d'avoir voulu le "liquider". Le 23 novembre, un groupe de militaires avait mené une attaque de nuit contre la résidence du président Vieira, faisant deux morts au sein de sa garde. Le président avait alors reproché au général Tagmé Na Waié de ne pas être intervenu. Avec la mort des deux protagonistes de cette guerre larvée, c'est désormais, selon la Constitution, le président de l'Assemblée nationale Raimundo Perreira qui se retrouve chargé d'assurer l'intérim et d'organiser une élection présidentielle dans les 60 jours.
Coups d'Etat, tentatives de coups de force et mutineries ont ponctué l'histoire de la Guinée-Bissau depuis son indépendance en 1974. En novembre, l'ONU avait salué comme une "victoire pour la démocratie" le déroulement paisible des élections législatives. La communauté internationale entendait favoriser l'établissement d'un gouvernement stable, dans un pays considéré comme un "point clef d'entrée" de la cocaïne sud-américaine vers l'Europe.
D'après agence
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