Un des quatre adultes et l'enfant voyageant sur le "Tanit" © DRSur la décision de prendre d'assaut le navire, Hervé Morin n'a aucun doute : "Nous avons tout mis en oeuvre pour préserver la vie des otages". Mais la situation sur le Tanit devenait de plus en plus difficile et l'opération des Commandos Marine était devenue inévitable. "Je crois que c'était la meilleure décision possible, car dès lors que les otages étaient sur la cote somalienne", une intervention n'aurait pas été possible, a expliqué samedi sur Europe 1 le ministre de la Défense, soulignant que "par nature, le risque zéro n'existe pas".
Mais si le navire a été libéré, le détournement du Tanit par des pirates somaliens s'est achevé par un drame vendredi avec la mort de Florent Lemaçon, propriétaire du voilier. Et le ministre de la Défense n'a pas exclu samedi que ce soit "un tir français" qui ait été fatal à l'otage. "Il y aura une enquête judiciaire et donc une autopsie. On ne peut pas exclure que dans l'échange de tirs entre pirates et commandos le tir soit français", a déclaré Hervé Morin.
Les ex-otages en route vers Djibouti
Selon le récit de l'état-major des armées, l'opération de libération du navire a duré six minutes au total. Il y a avait cinq pirates à bord, dont trois sur le pont. Deux ont été tués par des tireurs d'élite et un est tombé à l'eau. Une fusillade s'est ensuite engagée avec les derniers pirates, au cours de laquelle Florent Lemaçon a été tué. Les quatre otages survivants ont depuis été transférés sur un bateau de la marine nationale. Direction Djibouti, d'où ils prendront un avion pour rejoindre la France dimanche.
"Le président de la République présente ses condoléances attristées à la famille et aux proches de la victime", a fait savoir l'Elysée dans un communiqué. Nicolas Sarkozy, qui s'est entretenu par téléphone samedi avec l'épouse et le père de l'otage tué et qui recevra les otages libérés à leur retour en France, a également rendu hommage "au courage des militaires engagés dans cette opération" et a "réaffirmé toute la détermination de la France à ne pas céder au chantage et à tenir en échec la piraterie". L'Elysée a par ailleurs rappelé sa "politique constante" dans de telles situations, "qui est de refuser les actes de piraterie et d'éviter que ses ressortissants ne soient conduits à terre comme otages".
Selon Hervé Morin, 15 bateaux sont encore détenus dans la région du golfe d'Aden, dont certains depuis plusieurs mois, et 243 otages sont entre les mains des pirates. "La France a démontré toute sa détermination pour ne pas céder au chantage, tenir en échec ces actes criminels et libérer nos compatriotes chaque fois qu'un bâtiment battant pavillon français a été arraisonné", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse. "La France ne cèdera jamais au chantage de la piraterie comme du terrorisme", a insisté le ministre, qui a invité les ressortissants français à éviter le golfe d'Aden. Des militaires français étaient déjà intervenus à deux reprises pour libérer des voiliers français et leurs occupants retenus en otages par des pirates somaliens, le Ponant et le Carré d'As, en avril et en septembre 2008. Mais c'est la première fois qu'une telle opération se solde par un mort du côté des otages français.
D'après agences
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