© ReutersL'apartheid n'a pas disparu dans tous les esprits
Il y a 15 ans, l'Afrique du Sud mettait fin à l'apartheid. Pourtant, il existe toujours des enclaves afrikaners, où les habitants refusent le mélange entre communautés.
Publié le 19/04/2009
Reportage : les nostalgiques de l'apartheid
Portrait de Jacob Zuma, tribun populiste zoulou
QUI VOTE ?
Environ 23 millions de Sud-Africains sont appelés aux urnes ce mercredi pour les 4e élections
législatives depuis 1994. Ils vont élire les 400 membres de l'Assemblée nationale et les 90 membres du Conseil national des provinces, le nouveau nom du Sénat. L'Assemblée nationale élira ensuite le président du pays. Les sondages prévoient une forte participation.
QUI SONT LES FAVORIS ?
L'ANC, le parti de Nelson Mandela, au pouvoir depuis 1994, part une nouvelle fois grand favori et ne peut pas être battu puisque le vote est encore très communautaire entre blancs et noirs. En 2004, lors du dernier scrutin, il avait obtenu 69% des voix. La seule question est de savoir s'il franchira la barre de la majorité des 2/3, qui lui permettrait notamment de modifier la Constitution à volonté.
Plus de 150 autres formations se sont enregistrées. Les deux plus importants sont l'Alliance démocratique, le parti des blancs et des métis, et le Congrés du peuple (Cope), formé en décembre par des dissidents de l'ANC opposés à son leader, Jacob Zuma. Il pourrait obtenir 10% des voix.
DANS QUEL CONTEXTE POLITIQUE SE DEROULE LE SCRUTIN ?
En dehors de quelques tensions dans le KwaZulu-Natal, la campagne s'est déroulée dans le calme sur le terrain. En revanche, elle a été très tendue en coulisses. Jacob Zuma, 67 ans, souvent considéré comme populiste, a en effet pris la tête de l'ANC en décembre 2007 après une bataille interne terrible contre Thabo Mbeki, alors président du pays en exercice.
Quelques jours plus tard, le nouveau chef de l'ANC était inculpé pour corruption dans le cadre d'une enquête pour corruption. Alors qu'il criait au complot, les accusations avaient été levées en septembre dernier -en 2006, il avait également été jugé pour viol avant d'être acquitté. Face à la situation et aux accusations d'abus de pouvoir, Thabo Mbeki, mal-aimé du peuple en raison d'une situation économique fragile et d'une attitude d'intellectuel distant, avait alors été contraint à la démission par l'ANC - Kgalema Motlanthe assure depuis l'intérim.
Protestant contre l'élection annoncée de Jacob Zuma, totalement blanchi dans l'affaire de corruption au début du mois, les partisans de Thabo Mbeki ont donc fait dissidence en créant le Cope et parle de "dictature" à venir.
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