La tragique odyssée du "Tanit"

le 11 avril 2009 à 11h11 , mis à jour le 11 avril 2009 à 12h00

L'aventure du navire avait débuté à l'été 2007 à Vannes, lorsque la famille Lemaçon s'était installée à bord du voilier pour préparer son odyssée.

tanit Le "Tanit" © DR

La tragique aventure du Tanit, dont le skipper a été tué vendredi lors d'un échange de tirs entre les pirates somaliens qui avaient capturé le voilier et les forces spéciales venu le libérer, avait débuté il y a plus de deux ans à Vannes.

 

A l'été 2007, la famille Lemaçon, un couple de Morbihanais et leur petit garçon alors âgé d'un an, s'installe à bord du voilier de 12,5 mètres qu'elle vient d'acheter et va préparer son voyage pendant un an dans le port breton. Fin juillet 2008, le bateau quitte Vannes à destination de l'île de Zanzibar, dans l'océan Indien.  

 

Mises en garde à répétition

 

Après une traversée mouvementée du golfe de Gascogne, l'équipage trouve refuge dans le port espagnol de Gijon après une avarie. Une seconde avarie les forcera à s'abriter dans un un autre port espagnol, Luanco. Après réparation, ils repartent pour Lisbonne, puis Cadix, avant de mouiller aux Baléares en septembre. Après avoir traversé la Méditerranée, ils traversent début janvier le canal de Suez. L'équipage du Tanit y rencontre Jean-Yves et Bernadette Delanne, les deux navigateurs français du voilier Carré d'as qui avaient été retenus en otage par des pirates somaliens pendant deux semaines en septembre 2008 avant d'être libérés par l'armée française. Sur leur blog, ils jugent le récit de cette aventure "impressionnant" mais aussi "rassurant" dans la mesure où les pirates ne semblent pas en vouloir à la vie des otages.

 

Arrivés à Aden après une nouvelle avarie qui les oblige à relâcher à Hurghada, en Egypte, ils repartent le 14 mars du port yéménite où ils ont embarqué à leur bord deux amis venus leur prêter main-forte pour la dangereuse traversée de l'océan indien. Du 17 au 20 mars, le Floréal, frégate française participant aux opérations de surveillance anti-piraterie au large de la Somalie, et son hélicoptère accompagnent la progression du Tanit. La marine nationale déconseille alors formellement, à plusieurs reprises mais en vain, au voilier de poursuivre sa route vers son escale suivante, le port kenyan de Mombasa.

 

Le 27 mars, la marine française enverra encore un courriel au Tanit soulignant que "la navigation vers le Kenya s'avère (...) actuellement très dangereuse" et recommandant l'annulation de l'escale de Mombasa. Le 4 avril, le voilier français est capturé par des pirates, avec les quatre adultes et l'enfant à son bord, dans le golfe d'Aden à 640 km au large de Ras Hafun, au nord-est de la Somalie. Une prise d'otages qui durera jusqu'au 10 avril, avec l'intervention des forces françaises pour libérer le navire, qui se soldera par la mort de Florent Lemaçon.

 

D'après agence

le 11 avril 2009 à 11:11
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4 Commentaires

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  • Lisandree, le 11/04/2009 à 16h54

    Comment peus t'on faire ainsi fi des recommandations des autorités navales lorsque on est un adulte ,de la vie de son propre enfant, et de celles d'autres adultes ?Inconscience ?je m'en foutisme? en tout cas c'est payer bien cher cette façon d'agir et de laisser un orphelin ?

  • MickeyMousse, le 11/04/2009 à 16h30

    Les risques de l'aventure...

  • Tchao Grand Rêveur, le 11/04/2009 à 15h26

    ... et Paix à ton âme Florent. Il y a quelques jours encore, regardant les JT TV nationaux ou locaux, je vociférais contre cet homme, sa femme, leur inconscience, leur négligence peut-être, que sais-je encore!!!! Je mettais en avant le coût financier d'un tel sauvetage, on les avait prévenu, c'est dangereux là-bas, etc, etc... Cétait très CON de ma part!!!!! Maintenant, cet homme est parti. Disparu d'avoir voulu vivre son rêve, mort parce qu'il a choisi de ne pas vivre toute sa vie cloîtré entre obligations professionnelles, sociales, financières, consuméristes, imposées par notre société... Mort parce qu'il n'aura pas voulu subir sa vie et attendre une retraite hypothétique après une vie professionnelle "normale". Il est mort de ses rêves lorsque d'autres se suicident parce que licenciés, harcelés par la vie, ses malheurs, son patron, un huissier, la pauvreté, la précarité, l'exclusion... Parti de ses rêves... pour ses rêves... pour essayer très certainement d'assurer à ses enfants, son épouse, les siens une existence heureuse. Je suis profondément ému par la disparition de cet homme qui aura cru jusqu'au bout à ses rêves quand d'autres rêvent de leur vie au lieu de vivre leurs rêves. Qui n'a pas de rêves d'abord??? Il en faut du courage pour essayer d'atteindre les siens, ceux parmi les plus secrètement chers et désirés. Il en faut du courage non? Il en aura certainement eu beaucoup plus que bien du monde! Paix à son âme, qu'il repose dans la tranquillité et la sérénité. Courage à son enfant, sa femme, ses parents et amis...

  • Margat, le 11/04/2009 à 13h47

    C'est extremement regrettable que le patron du Tanit soit mort dans l'attaque des forces speciales pour les sauver, mais heureusement que l'enfant a ete sauve car qu'elle mort lente aurait-il connu prisonnier des pirates. Il est regrettable que cet "ANTOINE" de la navigation n'a pas changer sa route et de ne pas aller au Kenya.

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