Détournement du Tanit : cernés par les forces françaises, les pirates pointent régulièrement leurs armes vers les otages et menacent de les tuer. © Reuters/Marine nationale
Le skipper du Tanit victime d'un "tir militaire"
Le parquet confirme l'implication de l'armée dans la mort en 2009 de Florent Lemaçon, le skipper pris en otage par des pirates somalien. "L'Etat assumera", assure le ministre de la Défense.
Publié le 05/05/2010
Les images de la prise d'assaut
Si le navire a été libéré grâce à une opération des forces françaises, le détournement du Tanit par des pirates somaliens s'est achevé par un drame, la semaine dernière, avec la mort de Florent Lemaçon, propriétaire du voilier, lors d'un échange de tirs entre les preneurs d'otages et le commando. Et le ministre de la Défense n'a pas exclu que ce soit "un tir français" qui ait été fatal à l'otage. "Il y aura une enquête judiciaire et donc une autopsie. On ne peut pas exclure que dans l'échange de tirs entre pirates et commandos le tir soit français", déclarait samedi dernier Hervé Morin.
Mais précisément, cette enquête ne permet pas, pour l'heure, d'éclaircir les causes de cette mort. L'autopsie de Florent Lemaçon, a indiqué vendredi le procureur de la République de Rennes Hervé Pavy, ne permet pas de déterminer l'origine de la balle ayant tué le skipper du Tanit. Selon lui, "aucune trace de balle ou de fragment métallique n'a été retrouvée". Le procureur a précisé que la réponse ne pourra être obtenue qu'après la fin de l'enquête judiciaire en cours, notamment après les "constatations indispensables sur le bateau" et l'examen "des armes utilisées par les pirates qui ont été récupérées".
Selon le récit de l'état-major des armées, l'opération de libération du navire a duré six minutes au total. Il y a avait cinq pirates à bord, dont trois sur le pont. Deux ont été tués par des tireurs d'élite et un est tombé à l'eau. Une fusillade s'est ensuite engagée avec les derniers pirates, au cours de laquelle Florent Lemaçon a été tué.
Appel à éviter le golfe d'Aden
Le ministre de la Défense s'est depuis expliqué sur les conditions dans lesquelles avait été prise la décision de donner l'assaut. Et sur la nécessité d'agir pour libérer les passagers du voilier, Hervé Morin n'a pas eu le moindre doute : "Nous avons tout mis en oeuvre pour préserver la vie des otages", a-t-il expliqué la semaine dernière. Mais la situation sur le Tanit devenait de plus en plus difficile et l'opération des Commandos Marine était devenue inévitable. "Je crois que c'était la meilleure décision possible, car dès lors que les otages étaient sur la cote somalienne", une intervention n'aurait pas été possible, a expliqué le ministre de la Défense, soulignant que "par nature, le risque zéro n'existe pas".
Des militaires français étaient déjà intervenus à deux reprises pour libérer des voiliers français et leurs occupants retenus en otages par des pirates somaliens, le Ponant et le Carré d'As, en avril et en septembre 2008. Mais avec le drame du Tanit, c'était la première fois qu'une telle opération se soldait par un mort du côté des otages français. Hervé Morin a invité les ressortissants français à éviter le golfe d'Aden.
D'après agences
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