Participation record malgré l'absence de suspense

le 09 avril 2009 à 21h37 , mis à jour le 10 avril 2009 à 08h20

Plus de 74% des inscrits se sont rendus aux urnes jeudi à l'occasion de l'élection présidentielle, plus que lors du précédent scrutin, malgré la victoire annoncée d'Abdelaziz Bouteflika.

[Expiré] abdelaziz bouteflika campagne © Reuters/L. Larbi

A défaut de connaître le pourcentage des voix avec lequel il sera réélu, le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, peut d'ores et déjà se féliciter du fort taux de participation aux élections présidentielles qui se tenaient en Algérie jeudi. Selon le ministre algérien de l'Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, 74,11% des inscrits se sont rendus aux urnes, contre 58,7% lors de la dernière consultation présidentielle. "C'est un chiffre extraordinaire", s'était déjà exclamé, lors de la publication des premiers résultats partiels de participation peu avant la clôture du scrutin, le ministre chargé de l'organisation du scrutin dont la seule inconnue était l'ampleur de cette participation.

 

Le chef de l'Etat sortant a donc d'ores et déjà gagné son pari pour asseoir son 3e mandat. Les quelque 20 millions d'Algériens devaient choisir leur président parmi six candidats, dont Abdelaziz Bouteflika. Pour l'occasion, un service de sécurité "adapté" avait été mis en place pour surveiller les 46.577 bureaux de vote, mais des incidents ont toutefois éclaté à Bouira, situé à 120 km au sud-est d'Alger, et à Naciria, à 50 km à l'est d'Alger, où des islamistes armés ont tenté une opération. Selon des habitants de la région, deux bombes ont explosé près d'un centre de vote, blessant deux policiers. Deux autres engins ont été désamorcés. A Béjaïa, en Kabylie, des jeunes ont également affronté les forces antiémeutes.

 

Une politique de réconciliation nationale


Abdelaziz Bouteflika, 72 ans, a lui voté en milieu de matinée dans le quartier chic d'El Biar, sur les hauteurs d'Alger. Tout au long de sa campagne menée tambour battant, il a appelé les Algériens à voter massivement, tout comme ses cinq concurrents hantés par l'abstention. Elu en 1999 et réélu en 2004, Bouteflika espère asseoir sa légitimité avec ce scrutin boycotté par l'opposition traditionnelle, par un score au moins égal aux 84,99% des voix obtenu il y a cinq ans. face à lui, des candidats peu connus du grand public, à l'exception de Louisa Hanoune qui peut s'appuyer sur son Parti des travailleurs.

 

Pour sa campagne, axée sur le bilan de 10 ans de pouvoir, le président sortant a bénéficié d'un soutien sans faille des partis, organisations ou associations favorables à son troisième mandat. Promettant un nouveau plan de développement de 150 milliards de dollars sur cinq ans, la construction d'un million de logements et la création de trois millions d'emplois, il a aussi à réitéré la poursuite de sa politique de réconciliation nationale. Entamée dès 1999 après "une décennie noire" déclenchée par les islamistes et qui a fait plus de 150.000 morts dans des meurtres, attentats ou massacres collectifs, cette politique a permis avec deux référendums de mettre fin aux violences et d'obtenir la reddition de milliers d'islamistes. Visant ceux qui, éparpillés dans les maquis de certaines régions, poursuivent le combat au nom d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, Bouteflika a déclaré qu'un référendum trancherait sur une éventuelle amnistie pour ceux qui déposeraient définitivement les armes, tout en promettant une lutte acharnée contre les irréductibles. Mais les Algériens semblaient plus préoccupés par les problèmes sociaux, dont l'augmentation du coût de la vie que par les problèmes sécuritaires.

 

(D'après agence)

le 09 avril 2009 à 21:37
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