Plébiscite réussi pour Bouteflika

le 10 avril 2009 à 12h37 , mis à jour le 10 avril 2009 à 14h59

Le président algérien est réélu avec 90% des voix, lors d'un scrutin marqué par un taux de participation de plus de 74% des inscrits.

[Expiré] abdelaziz bouteflika campagne © Reuters/L. Larbi

Sans surprise, mais avec un score fleuve, Abdelaziz Bouteflika a été réélu pour un troisième mandat à la présidence algérienne. Il a obtenu, selon le ministre de l'Intérieur, 90,24% des suffrages exprimés. Le chef de l'Etat, qui est âgé de 72 ans, fait mieux qu'en 2004, où il avait été réélu avec un score de 85%. Quant à la participation, qui était la grande inconnue du scrutin de jeudi, elle est également en hausse : elle s'est établie à 74,11% des électeurs inscrits, contre 58% il y a cinq ans et 60% en 1999, année de l'arrivée de Bouteflika à la présidence.

 

Le chef de l'Etat sortant a donc gagné son pari pour asseoir son 3e mandat. Les quelque 20 millions d'Algériens devaient choisir leur président parmi six candidats, dont Abdelaziz Bouteflika. Pour l'occasion, un service de sécurité "adapté" avait été mis en place pour surveiller les 46.577 bureaux de vote - même s'il n'a pas empêché des incidents isolés, notamment à Bouira et à Naciria. A Béjaïa, en Kabylie, des jeunes ont également affronté les forces antiémeutes.

 

Une politique de réconciliation nationale


Tout au long de sa campagne menée tambour battant, Abdelaziz Bouteflika a appelé les Algériens à voter massivement, tout comme ses cinq concurrents hantés par l'abstention. Elu en 1999 et réélu en 2004, Bouteflika comptait sur un score fleuve et une abstention réduite pour asseoir sa légitimité dans ce scrutin boycotté par l'opposition traditionnelle. Face à lui, des candidats peu connus du grand public, à l'exception de Louisa Hanoune qui pouvait s'appuyer sur son Parti des travailleurs.

 

Pour sa campagne, axée sur le bilan de 10 ans de pouvoir, le président sortant a bénéficié d'un soutien sans faille des partis, organisations ou associations favorables à son troisième mandat. Promettant un nouveau plan de développement de 150 milliards de dollars sur cinq ans, la construction d'un million de logements et la création de trois millions d'emplois, il a aussi promis la poursuite de sa politique de réconciliation nationale. Entamée dès 1999 après "une décennie noire" déclenchée par les islamistes et qui a fait plus de 150.000 morts dans des meurtres, attentats ou massacres collectifs, cette politique a permis avec deux référendums de mettre fin aux violences et d'obtenir la reddition de milliers d'islamistes. Vendredi, Nicolas Sarkozy a adressé ses "chaleureuses et amicales félicitations" à son homologue Abdelaziz Bouteflika.

 

(D'après agence)

le 10 avril 2009 à 12:37
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