Un groupe menace de tuer des otages

le 12 avril 2009 à 22h14 , mis à jour le 12 avril 2009 à 22h23

Les ravisseurs de deux humanitaires dont une Française au Darfour ont menacé dimanche de les exécuter s'il n'y a pas un nouveau procès pour les membres de l'Arche de Zoé.

Quelques-uns des 103 enfants que l'Arche de Zoé voulait faire sortir du Tchad pour les emmener en France (mars 2008)Quelques-uns des 103 enfants que l'Arche de Zoé voulait faire sortir du Tchad pour les emmener en France (mars 2008) © TF1/LCI

Des vies contre un procès. Les ravisseurs de deux travailleurs humanitaires au Darfour ont menacé dimanche de les exécuter si Paris n'organisait pas un nouveau procès pour les membres de l'Arche de Zoé. Les six membres de cette association ont été condamnés à huit ans de prison pour tentative d'enlèvement de 103 enfants au Tchad avant d'être graciés par le président Déby après cinq mois passés en prison à N'Djamena puis en France.
 
Un membre du groupe qui se présente sous le nom des Aigles africains de la liberté a en outre menacé de s'attaquer aux intérêts français au Soudan, au Tchad et en République centrafricaine. "Nous demandons à la France de rouvrir le dossier des criminels de l'Arche de Zoé et de les juger devant un tribunal juste", a déclaré à Reuters ce membre du groupe, sous le sceau de l'anonymat.
 
Grosse tension dans la région
 
Les deux employées de l'organisation humanitaire Aide médicale internationale ont été enlevées le 4 avril dernier à Ed el Foursan, dans le sud de la région occidentale du Soudan. Il s'agit d'une Française, Claire Dubois, et d'une Canadienne, Stéphanie Joidon. "Nous allons bien, nous avons de la nourriture et de l'eau et ils se comportent correctement avec nous, mais nous sommes impatientes de rentrer chez nous", a dit l'otage canadienne, autorisée à parler à Reuters par ses ravisseurs.
 
A Paris, le ministère des Affaires étrangères et l'Elysée se sont refusés à tout commentaire dans l'immédiat. Un responsable du ministère soudanais des Affaires étrangères a par ailleurs expliqué à Reuters que les ravisseurs avaient demandé au gouvernement soudanais de se tenir à l'écart des négociations. Khartoum était intervenu directement dans les pourparlers qui avaient abouti, à la mi-mars, à la libération de trois employés occidentaux de l'organisation Médecins sans frontières, détenus pendant trois jours au Darfour.
 
La tension s'est fortement accrue dans la région, en proie à une guerre civile depuis 2003, après l'émission en mars par la Cour pénale internationale d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar Hassan al Bachir. Le procureur du tribunal basé à La Haye a inculpé le chef d'Etat soudanais de crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, où au moins 200.000 personnes ont été tuées et 2,5 millions d'autres contraintes à fuir selon des organisations internationales. Bachir a en outre expulsé 13 ONG étrangères du Darfour et interdit trois organisations locales il y a plus d'un mois le mois dernier, invoquant leur coopération avec la Cour pénale internationale. Avant ces incidents, les enlèvements de travailleurs humanitaires étaient relativement rares au Darfour.

 

(D'après agence)

le 12 avril 2009 à 22:14
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