Après l'assaut, au cours duquel le skipper du bateau est tué, les rescapés sont évacués. © Reuters/Marine nationale
Florent Lemaçon, le skipper du Tanit, a-t-il tué par une balle tirée par un soldat français ou par un pirate somalien lors de l'assaut donné par les commandos français le 10 avril dernier ? Juste après l'assaut, le ministre de la Défense, Hervé Morin, n'avait pas exclu qu'il ait pu être victime d'un "tir français", s'engageant à "dire la vérité" une fois connus les résultats de l'enquête. Le 17 avril, le procureur de la République de la Rennes avait annoncé que l'autopsie de la victime n'avait pas permis de donner une réponse précise à la question. "Aucune trace de balle ou de fragment métallique n'a été retrouvée", expliquait Hervé Pavy.
Ce lundi, Europe 1 affirme que la balle mortelle reçue par Florent Lemaçon proviendrait bien d'une arme française. La radio, qui ne cite pas de sources, évoque "tout un faisceau d'indices à commencer par les comptes-rendus d'assaut qui ont été faits par les commandos de marine à leur hiérarchie dès la fin de l'opération". Selon le récit qu'en fait la radio, "dans la cabine du voilier, deux pirates retiennent cinq otages. L'équipe qui est chargée de libérer les otages fait irruption dans la cabine au pied de l'escalier. Grâce à leurs moyens techniques, les commandos savent où se trouve chaque personne et des haut-parleurs demandent en français aux otages de ne pas bouger".
Réflexe
Seulement, pour protéger sa famille "Florent Lemaçon se dresse devant son fils et son épouse la main en avant, c'est un geste réflexe qui entraîne un tir réflexe et il s'écroule dans les bras de sa femme", souligne Europe 1. "C'est d'ailleurs le témoignage qu'elle a donné devant les enquêteurs et il corrobore les constatations des légistes sur la trajectoire de la balle, qui n'a pas été retrouvée mais qui a traversé la main avant de toucher le visage", ajoute la radio. Pour l'instant, le parquet indique qu'il ne peut ni confirmer ni infirmer les informations d'Europe 1 étant donné que les rapports militaires -classifiés puisqu'ils concernent des forces spéciales- ne sont pas encore intégrés dans le dossier.
La radio explique également que l'assaut a été décidé car "les négociations venaient d'échouer, les écoutes réalisées en direct par les traducteurs des services secrets indiquaient des pirates de plus en plus nerveux qui parlaient de faire un exemple".
Le ministère de la Défense n'a fait aucun commentaire sur les informations d'Europe 1.
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