© AFP/D. MinkohAprès 41 ans de pouvoir sans partage, la succession de ce dinosaure s'annonce difficile d'autant que le président Omar Bongo, décédé lundi à Barcelone des suites d'un cancer, n'a jamais désigné de dauphin. La mort de Bongo, qui n'avait jamais suspendu ses activités officielles auparavant depuis son arrivée au pouvoir en novembre 1967, devrait en tout cas susciter des convoitises, même si les analystes estiment que le Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir est en mesure de gérer la transition dans la stabilité.
Aux termes de la Constitution, la présidente du Sénat Rose-Francine Rogombé, membre du PDG créé par Bongo en 1968, doit assurer l'intérim. Des élections doivent être organisées dans les 45 jours. La porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Laure Olga Gondjout a assuré que la Loi fondamentale et les institutions seraient "respectés". Mais le pays, doté d'importantes ressources pétrolières, est dominé par une petite élite étroitement solidaire et les opposants redoutent que le fils du président, Ali Ben Bongo, actuel ministre de la Défense, ne profite d'un éventuel vide du pouvoir pour en prendre la tête. Les spécialistes du Gabon le voient eux aussi succéder à son père mais n'excluent pas qu'il puisse s'agir d'un autre membre de la famille, comme sa sœur Pascaline Bongo.
Hommage d'Obama
Soulignant que le président avait "toujours cultivé l'unité et la cohésion des Gabonais pour une paix véritable", le Premier ministre gabonais, Jean Eyeghe Ndong, a appelé ses concitoyens à "la préserver dans le respect des institutions". "En cette circonstance douloureuse, le gouvernement de la République vous invite à rester unis et solidaires dans le recueillement et la dignité", a-t-il lancé. Le Parti démocratique gabonais (PDG), créé par Omar Bongo, a de son côté réaffirmé "son attachement au respect de la légalité constitutionnelle", exhortant les Gabonais "à faire preuve de vigilance, de sérénité et de responsabilité". Le gouvernement a décrété un deuil national de 30 jours. Le programme des obsèques sera communiqué ultérieurement.
Quoiqu'il en soit, le président américain Barack Obama s'est dit "attristé" par la mort lundi du président du Gabon. Et, détail qui peut augurer du rôle que veulent jouer les Etats-Unis dans l'avenir du pays africain, Obama a insisté dans son hommage sur le rôle de Bongo "dans le développement et le façonnage des fortes relations bilatérales existant aujourd'hui entre le Gabon et les Etats-Unis".
Frontières coupées
En attendant la succession, les frontières du pays ont été fermées afin d'éviter toute ingérence étrangère et les forces de l'ordre sont prêtes à intervenir en cas de troubles. Les communications internet et téléphoniques avec le pays sont également très difficiles.
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Selon Valéry Giscard d'Estaing, qui s'est exprimé mardi sur Europe 1, Omar Bongo aurait que Mais Charles Pasqua, qui se trouvait dans son staff de campagne du RPR en 1981, affirme n'avoir "jamais entendu" que le défunt président gabonais ait aidé "financièrement tel ou tel" dans la classe politique française. |
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