Omar Bongo © TF1/LCI"Après 41 années passées à la tête du Gabon, Omar Bongo est mort dimanche, à 73 ans, des suites d'un cancer, a indiqué au Point une source proche de son entourage", pouvait-on lire dimanche soir sur le site internet de l'hebdomadaire. Une information confirmée à l'afp par une source proche du gouvernement français. mais pas par le Premier ministre gabonais qui déclarait alors n'être "pas au courant" du décès d'Omar Bongo. Lundi matin, ce dernier devait lire un communiqué à 10h15 à la clinique Quiron de Barcelone (nord-est), a indiqué la clinique.
Plus tôt dans la matinée, les autorités françaises ont tenu à mettre, de leur côté, les choses au clair : "Les autorités françaises démentent être à l'origine en quoi que ce soit de ces informations sur le décès d'Omar Bongo dont elles ignorent tout", a ainsi déclaré une source diplomatique française. Dimanche, Hervé Morin avait pourtant réagi, tout en parant sa déclaration de la plus haute précaution : "Si cette information s'avère exacte, c'est une grande figure de l'Afrique qui disparaît, un homme avec une influence et un rôle majeur à chaque convulsion du continent africain" avait dit le ministre de la Défense, en pleine soirée électorale.
Fin tacticien
Doyen des chefs d'Etat africains par le nombre d'années au pouvoir, Omar Bongo était hospitalisé depuis un mois à Barcelone, dans la clinique privée Quiron. Selon les autorités gabonaises, le chef de l'Etat gabonais avait été hospitalisé pour un simple "bilan de santé". D'autres sources interrogées par l'AFP avaient au contraire indiqué qu'il se trouvait dans un état "grave", soigné pour un cancer. La présidence gabonaise avait annoncé le 6 mai que M. Bongo avait décidé "la suspension momentanée de ses activités" de chef de l'Etat et que "toutes les audiences présidentielles (seraient) suspendues jusqu'à nouvel ordre".
Petite taille, moustache, lunettes noires, Omar Bongo était un fin tacticien politique, un don qui lui a permis de conserver le pouvoir sous le régime du parti unique comme sous le multipartisme depuis 1990. Considéré comme un "sage" en Afrique, il a souvent servi de médiateur ou d'intermédiaire dans de nombreuses crises et notamment en Centrafrique, au Tchad ou au Congo. Il était également un des piliers du système de la "Françafrique" où s'entremêlaient raison d'Etat, lobbies et réseaux politico-affairistes.
41 ans à la tête du Gabon
Né le 30 décembre 1935 dans une famille de paysans du pays batéké, dans le sud-est du pays, Albert-Bernard Bongo - il deviendra el-Hadj Omar Bongo après sa conversion à l'islam en 1973, puis ajoutera Ondimba, le nom de son père, à son patronyme en 2003 - devient chef de cabinet du premier président du Gabon, Léon Mba à l'âge de 27 ans, en 1962. Cinq ans plus tard, il accède à la présidence à la mort de Léon Mba. Il instaure alors le régime du parti unique et dirige le Gabon avec son parti, le Parti démocratique gabonais (PDG), d'une main de fer grâce notamment au pétrole dont l'exploitation commence dans les années 1970. Il ne s'ouvre au multipartisme qu'en 1990, mais réussit à remporter toutes les élections depuis, face à une opposition qu'il parvient à diviser ou rallier à sa cause.
Récemment, ses relations avec la France s'étaient tendues. La justice, les médias et des ONG s'intéressaient de près à son patrimoine immobilier alors que ses comptes bancaires avaient été saisis dans le cadre d'une affaire privée l'opposant à un particulier français sur un différend de plus de 400.000 euros.
Son épouse, Edith, fille du président de la République du Congo, est décédée en mars dernier à l'âge de 45 ans.
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