Omar Bongo décédé ? Le doute demeure

le 07 juin 2009 à 22h57 , mis à jour le 08 juin 2009 à 10h47

Lundi, les autorités françaises ont nié être à l'origine de l'information, divulguée par le Point.fr, et affirment ignorer si le président du Gabon est mort.

TF1/LCIOmar Bongo © TF1/LCI

"Après 41 années passées à la tête du Gabon, Omar Bongo est mort dimanche, à 73 ans, des suites d'un cancer, a indiqué au Point une source proche de son entourage", pouvait-on lire dimanche soir sur le site internet de l'hebdomadaire. Une information confirmée à l'afp par une source proche du gouvernement français. mais pas par le Premier ministre gabonais qui déclarait alors n'être "pas au courant" du décès d'Omar Bongo. Lundi matin, ce dernier devait lire un communiqué  à 10h15 à la clinique Quiron de Barcelone (nord-est), a indiqué la clinique.

Plus tôt dans la matinée, les autorités françaises ont tenu à mettre, de leur côté, les choses au clair : "Les autorités françaises démentent être à l'origine en quoi que ce soit de ces informations sur le décès d'Omar Bongo dont elles ignorent tout", a ainsi déclaré une source diplomatique française. Dimanche, Hervé Morin avait pourtant réagi, tout en parant sa déclaration de la plus haute précaution : "Si cette information s'avère exacte, c'est une grande figure de l'Afrique qui disparaît, un homme avec une influence et un rôle majeur à chaque convulsion du continent africain" avait dit le ministre de la Défense, en pleine soirée électorale.

Fin tacticien

Doyen des chefs d'Etat africains par le nombre d'années au pouvoir, Omar Bongo était hospitalisé depuis un mois à Barcelone, dans la clinique privée Quiron. Selon les autorités gabonaises, le chef de l'Etat gabonais avait été hospitalisé pour un simple "bilan de santé". D'autres sources interrogées par l'AFP avaient au contraire indiqué qu'il se trouvait dans un état "grave",  soigné pour un cancer. La présidence gabonaise avait annoncé le 6 mai que M. Bongo avait décidé "la  suspension momentanée de ses activités" de chef de l'Etat et que "toutes les audiences présidentielles (seraient) suspendues jusqu'à nouvel ordre".

Petite taille, moustache, lunettes noires, Omar Bongo était un fin tacticien politique, un don qui lui a permis de conserver le pouvoir sous le régime du  parti unique comme sous le multipartisme depuis 1990. Considéré comme un "sage" en Afrique, il a souvent servi de médiateur ou d'intermédiaire dans de nombreuses crises et notamment en Centrafrique, au Tchad  ou au Congo. Il était également un des piliers du système de la "Françafrique" où  s'entremêlaient raison d'Etat, lobbies et réseaux politico-affairistes.

41 ans à la tête du Gabon

Né le 30 décembre 1935 dans une famille de paysans du pays batéké, dans le sud-est du pays, Albert-Bernard Bongo - il deviendra el-Hadj Omar Bongo après sa  conversion à l'islam en 1973, puis ajoutera Ondimba, le nom de son père, à son  patronyme en 2003 - devient chef de cabinet du premier président du Gabon, Léon  Mba à l'âge de 27 ans, en 1962. Cinq ans plus tard, il accède à la présidence à la mort de Léon Mba. Il instaure alors le régime du parti unique et dirige le Gabon avec son parti, le Parti démocratique gabonais (PDG), d'une main de fer grâce notamment  au pétrole dont l'exploitation commence dans les années 1970. Il ne s'ouvre au multipartisme qu'en 1990, mais réussit à remporter toutes  les élections depuis, face à une opposition qu'il parvient à diviser ou rallier à sa cause.

Récemment, ses relations avec la France s'étaient tendues. La justice, les  médias et des ONG s'intéressaient de près à son patrimoine immobilier alors que  ses comptes bancaires avaient été saisis dans le cadre d'une affaire privée  l'opposant à un particulier français sur un différend de plus de 400.000 euros.

Son épouse, Edith, fille du président de la République du Congo, est décédée en mars dernier à l'âge de 45 ans.

 

 

le 07 juin 2009 à 22:57
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

42 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Maxime, le 10/06/2009 à 22h46

    Je pense que Omar Bongo Ondimba est un homme courageux, son règne est symbole flamboyant de paix, de partage et quelque fois de tragédies car il en faut lorsqu'on est dans sa position. Personne ne s'est ce qu'il a endurer lors de sa prise de pouvoir à un 32 ans,l'age ou l'on commence à connaitre sa personnalité, je me rappel quant on lui parlait de sa succession il disait que la constitution à tout prévu et c'est vrai, on ne tire pas sur une ambulance, ni sur un corbillard rendons simplement au mortel qu'il à été avec des défauts et des qualités et prions que le sens du partage et de la fraternité règne toujours au Gabon.

  • Mampani mbala, le 10/06/2009 à 02h08

    C'est un grand homme d'état qui vient de nous quitter mais je souhaite que la paix règne .ce qui m'importune un peu c'est le système que les chefs d'états africains font maintenant.ils préparent leurs enfants pour les succéder.l'Afrique est devenue un royaume ou quoi?suivons l'exemple d'abdou diouf du senegal;il a laissé le pouvoir sans problème et dans son entourage,il n'y avait meme pas un de ses enfants.c'est fatiguant ça. PAPY,SENEGAL

  • Nadir teffali, le 08/06/2009 à 16h48

    J ete choque ce matin qu ont on ma dit que le doyen de l afrique et mort je lui souhaite un bon retablissement et longue vie a son excellence le president le gabon sans hadj omar c et la fin de l africanisme vive le gabon et hadj omar bango

  • Miss gaboma, le 08/06/2009 à 13h46

    A la fois consternés, et frappés par la peur de l'avenir, nous prions Dieu que tout se passe dans le calme et la sérénité. Quelque soit le sort du baobab, les gens doivent prendre conscience que c'est un nouvel air qui s'ouvre à tous les gabonais, le Gabon est certes dans une situation critique, mais rien ne vaut un changement positif pour des lendemains meilleurs.

  • Martinien, le 08/06/2009 à 13h37

    On ne le dira jamais assez c'est un grand homme d'etat qui s'en est allé!c'est tout le peuple qui salue cet illustre personnage

  • Martinien, le 08/06/2009 à 13h28

    On ne le dira jamais assez c'est un grand homme qui s'en est allé!que faire d'autre si ce n'est regardé vers l'avenir...que la paix demeure ds l'esprit du peuple gabonais!

  • Martinien, le 08/06/2009 à 13h28

    On ne le dira jamais assez c'est un grand homme qui s'en est allé!que faire d'autre si ce n'est regardé vers l'avenir...que la paix demeure ds l'esprit du peuple gabonais!

  • Poupée, le 08/06/2009 à 13h21

    Arreter d'emmerder les gens avec cette histoire de mort ,de résurection etc...any way il doit quitter le pouvoir on ne veut pas de fantome au pouvoir

  • Bantou, le 08/06/2009 à 12h49

    Je pense que ce qui nous fait le plus peur en tant que gabonais c'est l'inconnu car nul ne sait de quoi demain sera fait et s'il sera meilleur"l'on sait qui part mais ignore qui vient". Nous espérons que c'est un cauchemard et que dans peu de temps nous allons nous réveillés. Nous devons prier pour que les choses se déroulent dans de bonnes conditions. Que DIEU préserve le Gabon

  • LORENZO, le 08/06/2009 à 12h36

    Volonté de taire momentanément la vérité ou stratégie de stabilisation politique du pays en cas d'éventuels troubles. J'en sais rien. Mais en tant qu'africain, si Le président BONGO est décédé, c'est une somité qui s'en va. Tout ce qu'on peut souhaiter c'est une "succession" en douceur et dans la paix. Je pense sur c'ets possible et c'est tout le mal que je souhaite à mes frères gabonais.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience