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| Bongo, le "dinosaure" Quel avenir sans Bongo ? |
Une incertitude a plané sur le moment de sa mort. Annoncée dimanche par le Point, la mort d'Omar Bongo a été rendue publique officiellement lundi. Le président gabonais est décédé lundi après-midi, selon son Premier ministre. Celui qui dirigeait le Gabon depuis plus de 41 ans, s'est éteint dans un hôpital de Barcelone, en Espagne, des suites d'un cancer. Il avait 73 ans. "C'est à 14h30 que l'équipe médicale m'a informé, ainsi que les officiels et membres de la famille présents, que le président de la République, chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, venait de rendre l'âme des suites d'un arrêt cardiaque", indique ce message du Premier ministre Jean Eyeghe Ndong.
Nicolas Sarkozy a exprimé lundi "beaucoup de tristesse et d'émotion" après l'annonce du décès d'Omar Bongo, assurant que la France était "dans cette épreuve aux côtés du Gabon, de ses institutions et de son peuple". L'ancien président de la République Jacques Chirac et son épouse Bernadette ont salué la mémoire du président gabonais, qui "aura réussi à s'imposer comme un sage" contribuant "à la paix et à la stabilité de l'ensemble du continent" africain. "A la tête de la République du Gabon, Omar Bongo n'aura eu de cesse pendant plus de quarante ans d'oeuvrer au développement économique et social de son pays, comme de l'Afrique entière", selon un communiqué des époux Chirac. La France "perd un ami", a pour sa part affirmé le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
De son côté, l'ancienne juge Eva Joly a brisé lundi soir le concert de louanges entourant la mort du président gabonais Omar Bongo, estimant que s'il "avait bien servi les intérêts de la France" notamment par "la manne pétrolière", il n'avait pas "le souci de ses citoyens". Et pour l'avocat Me William Bourdon, "la disparition du président Bongo ne change rien aux poursuites en cours dans l'affaire des biens mal acquis". Il a rappelé que "plusieurs membres de sa famille" sont également visés par une plainte devant la justice française.
Des fraudes
Albert-Bernard Bongo - son prénom avant sa conversion à l'islam en 1973 à l'instigation du colonel libyen Mouammar Kadhafi - est parvenu au pouvoir pacifiquement, une exception en Afrique. Issu de l'ethnie Bateke, une tribu minoritaire vivant aux confins du Congo, dans l'Est, il était en effet le vice-président de Léon Mba, premier président de l'ancienne colonie française, et son successeur désigné lorsque celui-ci mourut en novembre 1967, sept ans après l'indépendance.
Né le 30 décembre 1935, Omar Bongo entame sa carrière politique au ministère de Affaires étrangères en 1960 après des études à Brazzaville du temps de la présence française. Il fait ensuite partie du cabinet de Mba avant d'être choisi en 1966 comme son dauphin et lui succède le 28 novembre 1967. En 1968, Bongo crée le Parti démocratique gabonais (PDG), qui restera 22 ans le parti unique, avant de céder aux pressions françaises et à celles de la rue en faveur d'un multipartisme qui reste largement de façade.
Chef d'Etat non élu jusqu'en 1993, il remporte une première présidentielle chaotique en décembre de la même année malgré les protestations pour irrégularités de ses adversaires. La mission d'observation américaine dira ne pas être mesure de déterminer l'origine des fraudes. Bongo gagne à nouveau en 1998 et l'autorisation des partis d'opposition n'y change rien: l'ascendant de cet homme petit et trapu - et grand buveur - sur son petit pays d'un million et demi d'habitants est incontestable.
En 2003, Bongo obtient du parlement l'abrogation de la limitation à deux mandats présidentiels consécutifs, ce qui inspire à son principal opposant Pierre Maboundou, chef de l'Union du peuple gabonais, le sentiment que Bongo veut être "président à vie" du pays. Deux ans plus tard, il recueille 79,2% des suffrages lors d'une nouvelle élection émaillée d'incidents dans le centre de la capitale Libreville.
Un pays dominé par une petite élite
Sur le plan international, il avait reçu en 1986 le prix Dag Hammaraskjold pour ses efforts en vue de résoudre le conflit frontalier tchado-libyen. En France, son nom est aussi étroitement lié aux relations parfois troubles entretenues par Paris et ses anciennes colonies. Omar Bongo était ainsi visé par une enquête sur les biens mal acquis des plusieurs présidents africains dans la capitale française et sur la Côte d'Azur.
Lors de son admission dans un hôpital de Barcelone, fin mai, le gouvernement gabonais avait expliqué qu'il devait s'y remettre du choc éprouvé lors du décès en mars de son épouse Edith, la fille du président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso.
Le gouvernement avait fait savoir qu'en cas d'absence prolongée du chef de l'Etat, la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombe, 66 ans, membre du Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir, assurerait l'intérim. Le pays est dominé par une petite élite étroitement solidaire et les opposants redoutent que le fils du président, Ali ben Bongo, actuel ministre de la Défense, ne profite du vide du pouvoir pour en prendre la tête.
(D'après agence)
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