Omar Bongo est mort

le 08 juin 2009 à 17h24 , mis à jour le 08 juin 2009 à 21h59

Le président gabonais s'est éteint lundi après-midi dans un hôpital de Barcelone, en Espagne.

Omar BongoImage d'archives © REUTERS

                                                                           

  Bongo, le "dinosaure"

Quel avenir sans Bongo ?


Une incertitude a plané sur le moment de sa mort. Annoncée dimanche par le Point, la mort d'Omar Bongo a été rendue publique officiellement lundi. Le président gabonais est décédé lundi après-midi, selon son Premier ministre. Celui qui dirigeait le Gabon depuis plus de 41 ans, s'est éteint dans un hôpital de Barcelone, en Espagne, des suites d'un cancer. Il avait 73 ans. "C'est à 14h30 que l'équipe médicale m'a informé, ainsi que les officiels et membres de la famille présents, que le président de la République, chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, venait de rendre l'âme des suites d'un arrêt cardiaque", indique ce message du Premier ministre Jean Eyeghe Ndong.

Nicolas Sarkozy a exprimé lundi "beaucoup de tristesse et d'émotion" après l'annonce du décès d'Omar Bongo, assurant que la France était "dans cette épreuve aux côtés du Gabon, de ses institutions et de son peuple". L'ancien président de la République Jacques Chirac et son épouse Bernadette ont salué la mémoire du président gabonais, qui "aura réussi à s'imposer comme un sage" contribuant "à la paix et à la stabilité de l'ensemble du continent" africain. "A la tête de la République du Gabon, Omar Bongo n'aura eu de cesse pendant plus de quarante ans d'oeuvrer au développement économique et social de son pays, comme de l'Afrique entière", selon un communiqué des époux Chirac. La France "perd un ami", a pour sa part affirmé le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

De son côté, l'ancienne juge Eva Joly a brisé lundi soir le concert de louanges entourant la mort du président gabonais Omar Bongo, estimant que s'il "avait bien servi les intérêts de la France" notamment par "la manne pétrolière", il n'avait pas "le souci de ses citoyens". Et pour l'avocat Me William Bourdon, "la disparition du président Bongo ne change rien aux poursuites en cours dans l'affaire des biens mal acquis". Il a rappelé que "plusieurs membres de sa famille" sont également visés par une plainte devant la justice française.
 
Des fraudes
 
Albert-Bernard Bongo - son prénom avant sa conversion à l'islam en 1973 à l'instigation du colonel libyen Mouammar Kadhafi - est parvenu au pouvoir pacifiquement, une exception en Afrique. Issu de l'ethnie Bateke, une tribu minoritaire vivant aux confins du Congo, dans l'Est, il était en effet le vice-président de Léon Mba, premier président de l'ancienne colonie française, et son successeur désigné lorsque celui-ci mourut en novembre 1967, sept ans après l'indépendance.


Né le 30 décembre 1935, Omar Bongo entame sa carrière politique au ministère de Affaires étrangères en 1960 après des études à Brazzaville du temps de la présence française. Il fait ensuite partie du cabinet de Mba avant d'être choisi en 1966 comme son dauphin et lui succède le 28 novembre 1967. En 1968, Bongo crée le Parti démocratique gabonais (PDG), qui restera 22 ans le parti unique, avant de céder aux pressions françaises et à celles de la rue en faveur d'un multipartisme qui reste largement de façade.
 
Chef d'Etat non élu jusqu'en 1993, il remporte une première présidentielle chaotique en décembre de la même année malgré les protestations pour irrégularités de ses adversaires. La mission d'observation américaine dira ne pas être mesure de déterminer l'origine des fraudes.  Bongo gagne à nouveau en 1998 et l'autorisation des partis d'opposition n'y change rien: l'ascendant de cet homme petit et trapu - et grand buveur - sur son petit pays d'un million et demi d'habitants est incontestable.
 
En 2003, Bongo obtient du parlement l'abrogation de la limitation à deux mandats présidentiels consécutifs, ce qui inspire à son principal opposant Pierre Maboundou, chef de l'Union du peuple gabonais, le sentiment que Bongo veut être "président à vie" du pays. Deux ans plus tard, il recueille 79,2% des suffrages lors d'une nouvelle élection émaillée d'incidents dans le centre de la capitale Libreville.
 
Un pays dominé par une petite élite
 
Sur le plan international, il avait reçu en 1986 le prix Dag Hammaraskjold pour ses efforts en vue de résoudre le conflit frontalier tchado-libyen. En France, son nom est aussi étroitement lié aux relations parfois troubles entretenues par Paris et ses anciennes colonies. Omar Bongo était ainsi visé par une enquête sur les biens mal acquis des plusieurs présidents africains dans la capitale française et sur la Côte d'Azur.
 
Lors de son admission dans un hôpital de Barcelone, fin mai, le gouvernement gabonais avait expliqué qu'il devait s'y remettre du choc éprouvé lors du décès en mars de son épouse Edith, la fille du président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso.
 
Le gouvernement avait fait savoir qu'en cas d'absence prolongée du chef de l'Etat, la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombe, 66 ans, membre du Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir, assurerait l'intérim. Le pays est dominé par une petite élite étroitement solidaire et les opposants redoutent que le fils du président, Ali ben Bongo, actuel ministre de la Défense, ne profite du vide du pouvoir pour en prendre la tête.
 

(D'après agence)

le 08 juin 2009 à 17:24
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55 Commentaires

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  • Moukagha pierre, le 12/06/2009 à 22h12

    Il est vrai que c'était un père pour nous tous. 41 ans sur le siège de la présidence sans conflits extérieurs ni guerre civil... Pour un homme c'est respectable. Je demande à tous ceux qui parles de lui, positivement ou pas, de réfléchir à ce qu'il a pu faire au pays pendant ces années. Moi je suis fièr d'OB. Dieu ait son ame.

  • Wenceslas, le 10/06/2009 à 22h23

    Alors que le Pére Bongo n'est plus au lieu de faire preuve d'imaturité mettez vos efforts aux services des Gabonais au lieu de crier pour ne rien dire au moment ou la Nation a besoin de l'intélligence des siens ou qu'ils soient On reconnait un grand homme à sa capacité à réagir devant des situation comme celle la Respectez la mémoire du Président un point c'est tout ya le soleil pronez l'amour et l'unité national merci au Président Ivoirien pour le Conseil.

  • Wenceslas, le 10/06/2009 à 19h40

    L' heure est venu pour tous les Gabonais de tous bords de travailler ensemble Car la Nation et la Présidente à et aura nesoin du soutien de tous les gabonais pour menner a bien sa mission Allors Stop aux critiques qui ne gradissent pas Mais que l'on fasse p;lutôt le diagnostic afin d'ateindre nos objectifs Vive le Gabon et sa Présidente

  • Wenceslas, le 10/06/2009 à 19h33

    Un ami a dit: le bon sens est la chose la mieux partagée alors au dela de nos rancoeurs respectons la mémoire du Feu Président au nom du principe des valeurs des hommes équilibrés. et concentez plutôt vos énergie dans la construction d'une meilleur société .Car ce n'est pas en agissant négativement que vous changerez quelque chose Mettez vous pluôt au travail

  • BEUSS, le 10/06/2009 à 14h43

    Que la paix regne au gabon et que l ame de bongo repose en paix adieu veille a ce qu il est toujours la paix depuis 42 ans de ton existence

  • Le Fils de Mabicka, le 09/06/2009 à 20h13

    Un jour il l'avait annoncer et ce jour est arrivé c'est une immense perte pour le Gabon l'Afrique et le monde

  • Hedi, le 09/06/2009 à 17h42

    Omar Bango est bien connu en Afrique pour tout ce qu'il a fait pour son pays. Il a su exploiter la richesse pétrolière de son pays au profit de son peuple et nous voyons en Tunisie le grand nombre d'étudiants Gabonais aisés qui étudient dans les universités privées en Tunisie.

  • ELVIS, le 09/06/2009 à 10h17

    ALORS IL EST MORT?OU IL EST VRAIMENT MORT.AVEC TOUTES LES INFORMATIONS CONTRACDITOIRES?QUI NOUS DIT LA VéRITé??????????

  • Cyf, le 09/06/2009 à 09h42

    On dit en afrique qu un vieux qui meurt c est une bibliotheque qui brule. cest en ces termes que je comparerais le president BONGO qui a su pour ma part maintenir la paix et la solidarite dans son paix ce qui est quelque chose de primordiale en afrique ou de par les richesses naturelles que regorge le sous sol ,les convoitises debouchent sur des conflits et rebellions.Bref c est une page qui se tourne , et j appele les gabonnais de tout bord a faire preuve de sagesse pour assurer la stabilite du pays et deboucher sur une transition calme et democratique evitant de ce fait l episode deplorable sanglant et malheureux togolais . Mes sinceres condoleances a la famille BONGO et a tout le peuple GABONNAIS EL HADJ OMAR BONGO ONDIMBA restera a jamais graver dans nos memoires que son ame repose en paix

  • Clarine, le 09/06/2009 à 09h24

    Père Bongo que ton âme repose en paix ! Toi qui a été toujours à la recherche de la paix dans le cadre des grandes crises et des processus de paix en Afrique, que Dieu t'accorde toute sa miséricorde. Laissons les chiens aboyer et que ta caravane passe !!!! Mais quelle grande et significative perte pour nous les Africains.

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