Un A310 de la compagnie Yemenia/archives © ArchivesMercredi, une première information laissait entendre qu'une boîte noire de l'appareil avait été repérée. Or, dans la journée, le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet a affirmé que le signal sonore repéré par des avions français sur les lieux du crash de l'Airbus de Yemenia provenaient de "balises de détresse" plutôt que des boîtes noires, revenant sur de précédentes déclarations. Alors que les opérations de recherches d'éventuels survivants du vol d'Air Yemenia étaient toujours en cours, la polémique, elle, continue d'enfler.
L'A310 de la compagnie aérienne yéménite transportant 153 personnes s'est abîmé en mer dans la nuit de lundi à mardi au large des Comores dans des circonstances inconnues. Seule une jeune fille de 14 ans a survécu.
Interdit en France depuis 2007
L'A310-300 avait été "exclu" du sol français "il y a quelques années (...) parce que nous estimions qu'il présentait un certain nombre d'irrégularités dans ses équipements", a indiqué le secrétaire d'Etat français aux Transports, Dominique Bussereau. "Est-ce qu'on peut emmener dans des conditions normales des passagers à partir du territoire français et ensuite les mettre dans un avion qui n'assurerait pas la sécurité?", s'est interrogé Dominique Bussereau devant les députés à Paris.
A ce titre, Le vice-président des Comores Idi Nadhoim a reproché mercredi à la France de ne pas avoir informé Moroni de l'état de l'Airbus A310 de Yemenia, alors que l'avion était interdit en France depuis 2007.
Des manquements
De son côté, le ministre yéménite du Transport, Khaled al-Wazir, a pourtant assuré que l'avion n'avait pas de problème technique particulier. L'appareil avait "été révisé en mai 2009 et assurait des liaisons courantes avec l'Europe. Il y a une semaine, il avait assuré une liaison avec Londres", a-t-il dit au téléphone.
Fondée en 1961, la compagnie Yemenia n'avait pas connu d'incidents majeurs ces dernières années bien qu'elle soit la compagnie nationale d'un des pays les plus pauvres de la planète. Pourtant, elle était sous surveillance dans l'Union européenne, la Commission ayant décelé en juillet 2008 des "manquements" à certaines normes de sécurité.
Bruxelles avait accordé un délai à Yemenia pour se mettre en conformité et celle-ci a finalement échappé en avril à son inscription sur la liste noire de l'UE de quelque 200 compagnies dangereuses. Bruxelles veut des normes de sécurité mondiales pour le transport aérien et va évaluer les besoins des compagnies non européennes, a annoncé mardi soir le commissaire aux Transports, Antonio Tajani, après l'accident des Comores. Dans la matinée, un avion avait repéré la carlingue de l'appareil, des débris et des traces de carburant à quelques kilomètres des côtes.
Le témoignage des survivants
"Des cadavres flottant à la surface de l'eau ont été vus et une nappe de carburant a été repérée à environ 17 milles (environ 29 km) de Moroni", a indiqué de son côté à Sanaa un haut responsable de l'Aviation civile yéménite, sans pouvoir préciser les raisons de l'accident. "Le contact avec le vol 626 de la Yemenia, parti lundi à 21H45 (18H45 GMT), a été perdu mardi à 01H51 (22H51 GMT lundi)", a-t-il expliqué en ajoutant que "les conditions météorologiques étaient mauvaises, avec des vents de 61 noeuds".
Selon des témoins à l'aéroport de Moroni, l'appareil a semblé entamer une approche en vue d'atterrir, avant de soudain repartir, puis de disparaître. "J'ai vu l'avion approcher puis repartir, je n'ai pas compris", expliquait ainsi l'ancien ministre comorien de la Défense, Houmed Msaidié, interrogé par l'AFP à l'aéroport où il était venu accueillir une parente. Cet accident intervient moins d'un mois après la chute dans l'Atlantique d'un A330 d'Air France entre le Brésil et la France, plaçant sous pression le constructeur européen.
(D'après agence)
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