François Fillons aux Comores, le 11 juillet 2009 © TF1-LCI 
> Aux Comores, Fillon annonce la venue des proches
Après son passage à La Réunion, pour les états-généraux de l'Outre-mer, François Fillon a fait une visite express à Mayotte samedi matin, où il a annoncé une enveloppe supplémentaire de 6 millions d'euros, assurant que "la départementalisation" de l'île prévue en 2011 ne prendra "aucun retard". Il est ensuite arrivé samedi à la mi-journée aux Comores. En l'espace de quelques heures, il a inspecté le dispositif de recherche des causes de la catastrophe aérienne de l'Airbus A310 de Yemenia avec 153 personnes à bord, dix jours après la disparition toujours non élucidée de l'appareil.
Le long de la route menant de l'aéroport au centre ville, le cortège de François Fillon a croisé de grands panneaux proclamant "Les Comores en deuil", ou "Les Comoriens unis dans le deuil sont plus forts contre le chagrin". Le Premier ministre français a été reçu par le président comorien Ahmed Abdallah Sambi. Il a demandé à la France de "renforcer le dispositif d'intervention pour que les boîtes noires soient repêchées" et d'aider l'archipel à rompre son "enclavement aérien". Le 5 juillet, les enquêteurs avaient indiqué avoir détecté le signal des balises des boîtes noires de l'appareil. Le Premier ministre français a ensuite affirmé que la France et les Comores étaient "convenues" que l'accident de l'A310 de Yemenia devait être l'occasion de "renforcer" leur "coopération", alors que Moroni réfute encore le rattachement de Mayotte à la France.
Condoléances de la France
"Je suis venu présenter au nom de la France, du peuple français, au nom du président français, nos condoléances au gouvernement et au peuple comorien", a-t-il déclaré à l'issue de l'entretien en promettant d'"assumer les conséquences de ce drame" et d'en rechercher les causes. Le chef du gouvernement français s'est ensuite rendu sur les lieux où sont coordonnées les recherches avant de décorer de la "médaille d'honneur pour acte de courage et faits de sauvetage" Libouna Selemani Matrafi, 43 ans, marin sur des bateaux de cabotage et surtout sauveteur de l'unique survivante du crash, Bahia, une adolescente franco-comorienne secourue après être restée 12 heures accrochée à des débris. Ce dernier a raconté aux journaliste sont opération de sauvetage : lire notre article. François Fillon a aussi participé à une cérémonie oecuménique et avoir un entretien avec des représentants de familles des victimes.
Seule annonce concrète du déplacement, quelque 200 proches de victimes seront acheminés gratuitement aux Comores lundi depuis Paris et Marseille, d'où venaient de nombreux passagers de l'avion accidenté, à bord d'un vol affrété par la Yemenia, mais assuré par une autre compagnie. Un déplacement pour leur permettre de commencer à faire leur deuil, malgré l'absence de corps.
"En réalité, personne n'en sait rien"
Le président comorien a reproché à Paris de ne pas avoir communiqué d'informations sur l'état exact de l'appareil qui était interdit de vol en France et a été qualifié d'"avion poubelle" par des associations de Comoriens. François Fillon a répondu vendredi soir sur RFO Réunion, où il se trouvait pour une visite officielle de deux jours, que la France n'avait caché aucune information sur l'état de l'avion de Yemenia. "Je donnerai naturellement au président comorien, mais qui les a déjà, toutes les informations qu'il souhaite", a dit le chef du gouvernement français. "La France, lorsqu'elle a des griefs à faire à un avion pour des raisons d'entretien, elle communique immédiatement l'ensemble de ces griefs à une autorité européenne, qui elle-même les communique au plan international. Donc il n'y a pas du tout de problème de ce côté-là et le président des Comores ne peut rien reprocher à la France sur cette affaire de l'état de l'avion", a-t-il ajouté.
Pour François Fillon, l'urgence est de retrouver les "boîtes noires" (...) avant de prétendre que cet accident serait dû à l'état d'entretien de l'avion. En réalité, personne n'en sait rien". Des plongeurs de la marine française ont découvert jeudi des fragments d'avion et cinq corps en décomposition au large de la Tanzanie, à des centaines de kilomètres du lieu où l'avion a disparu le 30 juin, ont rapporté des responsables. Les opérations visant à retrouver d'autres survivants ont été abandonnées cette semaine. Les équipes de secours comoriennes jugent probable que la plupart des morts soient restés bloqués dans l'épave de l'avion.
La cause de la catastrophe reste inconnue. Un sous-marin français a détecté un signal des "boîtes noires" de l'appareil, mais les secouristes estiment qu'il faudra encore du temps pour atteindre la carcasse de l'Airbus, qui gît en eaux profondes. Les Airbus sont construits dans quatre pays européens. Les A310, dont la production a cessé, étaient montés à Toulouse (France). La queue, le fuselage arrière et avant et les freins de l'appareil étaient fabriqués en Allemagne.
(D'après agences)
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