L'ex-chef du GIA continue de revendiquer le massacre

le 09 juillet 2009 à 17h14 , mis à jour le 09 juillet 2009 à 21h58

Alors que la polémique bat son plein sur l'implication des services algériens, Abdelhak Layada affirme que son mouvement est bien à l'origine de la tuerie.

L'une des rares images des moines français de Tibéhirine, tués en 1996Les moines de Tibehirine, tués en 1996 © TF1/LCI

Qui a tué les moines de Tibéhirine en 1996 ? Officiellement, les sept hommes ont été massacrés par le Groupe islamique armée (GIA). Mais cette version est remise en cause depuis quelques jours par le général français à la retraite François Buchwalter, ancien attaché de Défense à Alger.

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Dans une récente déposition devant le juge antiterroriste chargé de l'enquête en France, il a attribué les meurtres à l'armée algérienne. Elle aurait commis une "bavure" et aurait ensuite camouflé son erreur en essayant de l'attribuer aux islamistes. Son témoignage a déclenché une tempête politique, au point que Nicolas Sarkozy a levé le secret-défense sur l'affaire. Une décision qui a provoqué l'ire du gouvernement algérien et de la presse locale.

"Non-respect de l'accord"
 
Jeudi, Abdelhak Layada, un ancien chef du GIA, en prison au moment de l'affaire, a confirmé de son côté que son mouvement était bien à l'origine des exécutions. "Les assassinats ont été commis par Djamel Zitouni (ndlr : chef du GIA à l'époque des faits), à la suite des tergiversations du renseignement français", explique-t-il au quotidien arabophone algérien El Khabar. "Les négociations qu'il menait avec les Français concernaient ma libération contre la libération des moines. Les Français ont tardé à répondre s'ils acceptaient de négocier ou non avec le GIA. C'était la cause de l'échec", ajoute-t-il.
 
Le GIA, qui avait promis de faire la guerre à la France, avait revendiqué le 26 avril 1996 l'enlèvement des sept religieux et proposé de les échanger contre ses militants détenus. Le 23 mai, l'organisation annonçait avoir décapité les captifs en accusant Paris d'avoir "trahi" les négociations. Selon Abdelhak Layada, les "services secrets français ont doublé les autorités algériennes et traité directement avec les ravisseurs". Il estime que les services secrets français ont commis là "une grande trahison". Il dénonce également une "deuxième trahison", c'est à dire le "non-respect par les Français de l'accord conclu avec le GIA pour la libération des moines". "L'attaché militaire à l'ambassade de France à Alger (...) qui a donné son accord préliminaire pour ma libération, n'a été en fait engagé que pour espionner le GIA. C'est pour cette raison que le GIA a décidé d'achever les sept moines", assène-t-il.

"Monnayer ma libération"
 
Interrogé par El Khabar sur les motivations du rapt des moines, Abdelhak Layada explique que le GIA les avait "pris en flagrant délit de prosélytisme dans la région où ils se trouvaient". "Ce n'est qu'après les avoir capturés que l'idée de monnayer ma libération avec la leur a germé", précise-t-il.
 
Abdelhak Layada, condamné à mort en 1993 par la justice algérienne après avoir été extradé du Maroc, a été libéré en 2006 dans le cadre d'un programme de "réconciliation nationale" voulu par le président algérien Abdelaziz Bouteflika.

le 09 juillet 2009 à 17:14
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5 Commentaires

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  • Faycal, le 13/07/2009 à 09h41

    C du n importe koi tout le monde a alger meme en france savent tres bien la verite sur cette affaire .les moines ont etait bien abbatu par les services secrets algeriennes du generales toufik mediene car tout simplement jamal zitouni a etait un agent de la drs algeriennes manipuler par les generaux algeriens comme smain lamari et kamel abdelrahmane et aussi le colonel bachir tartag tout ca pour faire de pression sur la france pour refouler et limiter lexistance des islamistes sur le sol francais en 1996.meme la dst est au courant de tout ca car en faite des fois ils enttends bien entre eux comme les attentas de 1995 a paris il etait au courant aussi .jespere k il viendra le temps pour savoir tout sur ces secrtes detat e ke des innocents ont payer leurs vie pour ca.

  • Tarik, le 09/07/2009 à 21h55

    Pourquoi votre générale est rester muet pendant 13 ans c'est la question qu'il faut se posé avant d'accuser a tord est a travers sans preuve

  • Claudius, le 09/07/2009 à 18h54

    Il est peu problable que la vérité éclate un jour et que les auteurs soient clairement identifiés et jugés. Ne pas perdre de vue que ces 7 hommes ont été enlevés et décapités d'abord parce que français et religieux chrétiens. Imaginons un seul instant qu'en France 7 responsables religieux de confession musulmane soient enlevés et égorgés, par suite d' "une bavure policière", soit par "des extremistes"... Message certe provocateur mais je déplore amèrement que les français, aujourd'hui comme en 1996, préferent regarder ailleurs .

  • Toto, le 09/07/2009 à 18h07

    Ah bien, mais pourquoi un général de l'Armée Française irait raconter un tel truc qui met en difficulté toute la chaîne de commandement française. Soyons sérieux, ces pauvres moines sont bien les victimes d'une bavure. Très triste. Mais une sinistre manipulation de Bouteflika.

  • Nicolas, le 09/07/2009 à 17h57

    Abdelhak Layada, condamné à mort en 1993 par la justice algérienne après avoir été extradé du Maroc, a été libéré en 2006 dans le cadre d'un programme de "réconciliation nationale" voulu par le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Tout est dit ! Grace à l'affaire sur l'attentat de Karacchi on a pu ressortir egalement la vérité sur cette autre affaire avec en arrière fond deux dirigeants français passé ou actuel.

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