Les recherches après le crash de l'A310 de Yemenia au large des Comores © TF1-LCIMoins de six jours après la catastrophe, le signal des boîtes noires de l'Airbus A310 de la compagnie Yemenia, accidenté dans la nuit de lundi à mardi aux larges des Comores, a été détecté, ont annoncé dimanche les enquêteurs comoriens et le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) qui les assiste. "Les recherches pour localiser les enregistreurs de bord et l'épave de l'avion se poursuivent avec la participation des forces armées françaises et yéménites dans le cadre de l'enquête technique conduite par les autorités comoriennes", ajoute l'enquêteur principal comorien dans son communiqué.
Des boîtes déterminantes pour expliquer les causes du crash et qu'il va falloir rechercher dans l'océan Indien, ce qui pourrait prendre plusieurs jours. Selon le directeur général de l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie, elles se trouvent de 10 à 12 km de la plage de Mitsamiouli. Selon lui, l'épave pourrait se trouver "dans les 5 ou 600 mètres de profondeur", ce qui laisse penser qu'un sous-marin sera nécessaire pour accéder à l'épave. "Pour la suite nous demandons aux pays étrangers de venir nous aider à faire sortir l'avion de la mer", a-t-il dit. Les balises des deux boîtes noires d'un avion émettent sous l'eau un signal (1 bip/seconde à 37,5 kHz) pendant au moins 30 jours, ce qui facilite leur localisation. Ces deux balises ont la taille d'un gros tube d'aspirine et sont reliées aux boîtes noires.
Marche à Paris
Les boîtes noires -ou enregistreurs de vol- devraient aider à mieux comprendre les circonstances et les causes d'un accident. L'analyse des boîtes noires permet en effet dans 90% des cas de déterminer les causes d'un accident, selon Robert Galan, pilote et expert auprès des tribunaux français. Les deux boîtes noires, en réalité de couleur orange, ont des fonctions bien distinctes. Long de 48 cm, haut de 15 cm et large de 12 cm, le DFDR (digital flight data recorder) contient l'enregistrement seconde par seconde sous forme numérique de tous les paramètres de vol de l'avion (vitesse, altitude, trajectoire...). De taille un peu plus réduite, le CVR (cockpit voice recorder), l'enregistreur de vol "phonique", comprend les conversations mais aussi tous les sons et annonces entendus dans le cockpit. La mémoire proprement dite est protégée par un boîtier blindé qui peut résister à une immersion d'un mois à 6.000 mètres de profondeur, à un incendie d'une heure à 1.100 degrés centigrades ou à des forces d'écrasement d'environ 2,2 tonnes.
L'appareil de Yemenia s'est abîmé peu avant son atterrissage à Moroni, avec 153 personnes à bord. Un seul passager, Bahia, une adolescente de 12 ans, a survécu. Samedi, Yemenia avait d'abord annoncé suspendre tous ses vols à destination de Moroni -capitale des Comores où devait se poser l'A310 et qu'elle desservait via la capitale yéménite, Sanaa-, avant de revenir sur cette décision en maintenant les vols réguliers, mais en supprimant les vols additionnels. Dimanche, 5.000 personnes, selon la police, issues de la communauté comorienne de la région parisienne ont défilé à Paris en hommage aux victimes du crash de l'A310 et dénoncer les conditions de transport vers l'archipel de l'océan Indien. Aucun incident n'a été signalé. 10.000 à 30.000 personnes, selon les sources, avaient déjà manifesté samedi à Marseille.
(D'après agences)
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